Le 27 novembre dernier s’est déroulé à Montréal le 26ème symposium du PNMVH (Programme National de Mentorat sur le VIH et les Hépatites). Le Portail s’est rendu, comme chaque année, à cet événement afin d’assister aux conférences et d’apprendre les dernières nouvelles du monde de la recherche à propos du VIH et des ITSS

Cette journée bien chargée s’est organisée en 13 présentations faites par des docteur·e·s, pharmacien·ne·s et sexologue. Ces communications ont porté sur différents sujets. 

Voici notre compte rendu thématique.  

Améliorer les traitements 

Plusieurs présentations se sont concentrées sur les traitements. De nouvelles molécules nous ont été présentées ainsi que la mise à jour récente des lignes directrices québécoises en terme de traitement antirétroviral.

Le corps médical, s’appuyant sur des études récentes faites en Haïti et en Afrique du Sud, propose une mise en place la plus rapide possible du traitement afin de mettre toutes les chances du côté des patient·e·s et atteindre l’indétectabilité. Ces études sur le rapid start ont démontré que la charge virale des patient·e·s qui ont commencé leur traitement dès le diagnostic est indétectable en 6 à 8 semaines. 

Des pharmacien·ne·s ont également évoqué la mise sur le marché des bithérapies en réponse notamment aux besoins exprimés par les personnes vivant avec le VIH de prendre moins de molécules et ainsi de diminuer la toxicité des traitements. Les bithérapies sont aussi une solution qui serait moins coûteuse. 

Pour une vision à moyen terme, on peut noter que ce sont les modes d’administration qui vont être transformés. On nous a parlé des injectables qui devraient être rendus accessibles dès la première moitié de l’année 2020. Ces injections devront être administrées par une personne du corps médical. Certains autres modes d’administration sont également à l’étude comme des timbres applicables sur la peau par exemple. Il est important de noter que chaque nouveau traitement, même sous une nouvelle forme devra être pris oralement avant tout pour vérifier si il y a des intolérances ou allergies. 

Nous avons également appris que plusieurs vaccins sont à l’étude et qu’ils sont toujours avec la guérison, la ligne de mire des chercheur·e·s qui travaillent fort dans le domaine du VIH.  

Enfin, les médecins présent·e·s ont rappelé l’importance d’engager les patient·e·s dans leur modèles de soins, les mesures de satisfaction des patient·e·s n’étant pas toujours en accord avec celles des docteur·e·s. Un meilleure prise en compte des personnes vivant avec le VIH peut aider à construire un futur sans VIH. 

Se faire dépister

Les barrières au dépistage ont été mentionnées telles que la stigmatisation, le manque d’accessibilité ou encore le manque d’information au sujet des ITSS. Dr Éthier (clinique médicale Quorum / programme Prélib) nous a présenté les conclusions de l’initiative de la clinique d’autodépistage Prélib, un an après son inauguration. Cette clinique centrée autour des besoins des patient·e·s propose des dépistages de chlamydia, de gonorrhée, de syphilis de l’hépatite B et C, tout comme du VIH. Il semblerait que les jeunes et les personnes n’ayant jamais fait de dépistage auparavant aient été séduit·e·s par cette initiative montréalaise.

Vivre avec le VIH 

Une partie de la journée du symposium s’est concentrée sur la vie avec le VIH et sur le quotidien des personnes qui vivent avec le virus

Nous avons assisté à deux présentations qui ont mis l’accent sur les conditions de vie des femmes vivant avec le VIH et plus précisément sur les femmes de plus de 50 ans. 

La docteure de Pokomandy (Centre Universitaire de Santé de McGill) a rappelé le manque de coordination des soins pour les femmes vivant avec le VIH de plus de 50 ans comme rapporté dans l’étude CHIWOS à laquelle elle a participé. Selon elle, il est important de tenter une approche systématique et de toujours privilégier le bien-être des patient·e·s.

Dre Alexandra Hamel (Clinique l’Agora), spécialiste du VIH, a évoqué la nécessité de prendre en considération, pour les personnes ayant un utérus, le moment de la ménopause et d’adapter les traitements à ces changements hormonaux. 

Par ailleurs, selon elle il n’y a pas de différence dans le traitement selon le genre de la personne qui le prend. La seule différence est selon le désir de grossesse de la personne, dans ce cas, certains traitements sont à éviter. 

Enfin, Évelyne Fleury, sexologue au Ministère de la Santé et des Services Sociaux nous a parlé de la criminalisation du VIH et de la forte prévalence des personnes vulnérables ou à risque de l’être parmi les personnes touchées. Elle nous a rappelé l’importance d’accompagner les personnes à notifier leurs partenaires de manière anonyme ou non pour parvenir à briser la chaîne de la transmission. Pour cela n’oubliez pas que le Portail offre un service de notification des partenaires anonyme, gratuit et confidentiel pour vous accompagner dans ces démarches. 

Dans un prochain article nous présenterons plus en détail la question de la PrEP en région abordée par un médecin du Saguenay-Lac St-Jean lors du symposium, restez connecté·e·s  ! 

Références et ressources 

  • Le site du PNMVH pour plus de détails sur leurs actions et leurs mendats https://pnmvh.org/
  • Le lien direct vers la clinique d’auto-dépistage montréalaise https://prelib.com/fr
  • Le compte rendu complet de l’étude CHIWOS par et pour les femmes cis et trans vivant avec le VIH http://www.chiwos.ca.
  • Pour le lien direct vers notre service de notificaqtion des partenaires https://pvsq.org/notification-des-partenaires/
  • Pour la recherche sur le Rapid start Rosen, S., Maskew, M., Fox, M. P., Nyoni, C., Mongwenyana, C., Malete, G., … & Long, L. (2016). Initiating antiretroviral therapy for HIV at a patient’s first clinic visit: the RapIT randomized controlled trial. PLoS medicine, 13(5), e1002015.
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