L’exemple du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Lors du 26ème symposium du PNMVH (dont nous avons parlé dans notre dernier article) nous avons eu la chance d’assister à une présentation de Dr Guillaume Jourdan, microbiologiste-infectiologue au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Dr Jourdan a souhaité aborder le sujet de la PrEP et de son vécu de médecin en région au Québec. Tout d’abord, il a rappelé l’importance pour lui et ses équipes de travailler de façon multidisciplinaire. Cette cohésion permet, malgré les contraintes d’un très grand territoire, de pouvoir obtenir une bonne adhérence aux traitements pour les patient·e·s.  

Les équipes du CIUSSS du Saguenay doivent s’adapter aux contraintes géographiques mais aussi de personnel. Comme Dr Jourdan le dit, “il faut que les soignant·e·s mettent les mains à la pâte, c’est primordial” !

Pour le sujet de la PrEP plus particulièrement, nous avons appris que sur le territoire du Saguenay, la moitié des patient·e·s qui suivent le traitement préventif arrêtent après un an et ce pour différentes raisons (effets indésirables trop présents, problèmes économiques, changement de situation relationnelle…). Il est également difficile pour les équipes du CIUSSS de faire les suivis tous les 6 mois notamment à cause de l’étendue du territoire et du manque de personnel soignant. Ce sont des barrières significatives qui peuvent mettre en péril l’efficacité de la PrEP pour certaines personnes. La présence de communautés autochtones sur le territoire du CIUSSS est également un enjeu important en terme d’accompagnement aux soins de santé. Le violence systémique qui touche ces populations et le manque de services adaptés spécifiquement aux communautés a également été nommé comme une barrière à l’accès aux soins de santé sexuelle par le praticien. 

Le spécialiste rappelle que malgré tout, la PrEP est un outil efficace et sécuritaire pour la prévention de la transmission du VIH. Il pourrait être intéressant, selon lui, de réaliser des recherches supplémentaires autour de la PrEP, surtout en ce qui a trait aux conséquences éventuelles de son usage pour les personnes plus âgées. 

Les réalités du Saguenay modifient le travail des équipes soignantes mais ont l’avantage de souder les professionnel·le·s et de proposer une approche multidisciplinaire à la personne autour de sa santé sexuelle. 

Dr Jourdan a conclu en rappelant que certains obstacles demeurent comme l’utilisation des préservatifs internes et externes ou encore par rapport aux suivis et aux soins.

Des barrières existantes mais des défis surmontables ! 

Notons que, pour le moment, la PrEP est seulement disponible dans certains centres urbains au Québec. Une meilleure connaissance de la part des personnels de santé et du grand public pourrait faire de la PrEP un outil plus accessible et efficace à grande échelle dans la lutte contre la transmission du VIH. 

Le Portail travaille en ce moment même sur un outil exclusivement autour de la PrEP. Restez connecté·e·s, on vous revient vite avec plus de détails sur cette belle initiative ! 

  1. Bonjour Marie,

    Bravo pour cet article. Je voulais seulement porter à ton attention qu’il s’agit du Dr Jourdan et non Jourdain.

    Au plaisir,

    Stéphanie
    Programme national de mentorat sur le VIH et les hépatites

Laissez un commentaire.