Il y a quelques semaines, CATIE, partageait via son site, un tour d’horizon des recherches récentes autour de la thématique de la prise de poids sous traitement ARV. Nous voulions vous résumer l’essentiel de ces informations.

Pour de nombreuses personnes vivant avec le VIH, la prise de traitement est souvent signe d’effets indésirables. Parmi eux, la prise de poids revient plus souvent dans les conversations et dans les préoccupations. Prendre quelques kilos peut-être une bonne nouvelle pour certaines personnes signifiant un retour vers une meilleure santé. Mais il arrive que cette prise de poids nécessaire se transforme en un embonpoint voir une obésité préoccupante. 

L’impact des traitements ? 

Deux études réalisées au Cameroun et en Afrique du sud ont mis en évidence un plus grand risque de prise de poids avec le dolutégravir. Et ce, surtout chez les personnes ayant un compte de CD4 plus faible, une charge virale plus élevée et un âge plus avancé avant l’initiation du traitement. Des test de dépistages plus fréquents et une prise en charge plus rapide du VIH éviteraient que la charge virale de ces personnes soit trop élevée et que leur taux de CD4 soit trop bas au moment du début du traitement. Si le VIH est installé depuis quelques temps et qu’il a eu l’opportunité de se développer avant l’initiation du traitement cela augmenterait, selon elleux, le risque de prise de poids.  

Une étude réalisée en collaboration avec des équipes d’Italie, du Canada, des États-Unis et du Portugal ont mis en évidence une diminution significative de la masse musculaire chez les PVVIH de 50 ans et plus mais aussi chez des patient·e·s de moins de 30 ans. Cette perte de muscle semble se faire simultanément avec une prise de masse graisseuse. Le fait que les patient·e·s plus jeunes soient touché·e·s est une découverte et mérite d’être approfondie selon les équipes qui ont travaillé sur ces données. 

Enfin, des chercheur·e·s états unien·ne·s et canadien·ne·s ont analysé les changements chez 14 000 personnes vivant avec le VIH avant et après l’amorce du traitement. Sur les 12 ans qu’ont duré les analyses, la proportion de personnes souffrant d’obésité avant le début du traitement avait doublé. Ce constat montre l’impact d’autres facteurs que le traitement ARV seulement. 

Malgré cela, selon cette analyse nord américaine, une prise du traitement plus tardive serait synonyme d’une prise de poids plus importante. Cette augmentation se déroulerait principalement lors de la première année sous traitement, et serait plus importante chez les personnes ayant un IMC dit “normal” au début de la prise en charge. D’après cette équipe de recherche, ce sont les anciens traitements qui concentreraient les plus importantes prises de poids. 

Les résultats de certaines études se contredisent et cela s’explique simplement. La plupart des études ne sont pas faites précisément sur la prise de poids mais sur les effets indésirables des traitements en général. Les résultats obtenus sur le poids ne sont que des données auxiliaires. Plusieurs chercheur·e·s parlent de la nécessité de faire des études plus précises sur le poids afin de pouvoir obtenir des résultats spécifiques à cette problématique. Pour le moment, certains résultats avancés par ces études sont donc en opposition. 

L’impact de nos modes de vie 

De manière générale, les chercheur·e·s ayant travaillé sur la prise de poids des PVVIH rappellent qu’il est important de prendre en compte l’augmentation globale de l’IMC lorsque nous parlons de prise de poids sous ARV. Iels notent également que les personnes dans la population générale auraient tendance à moins faire d’activité physique que les générations précédentes et qu’iels ont de plus en plus accès à de la nourriture transformée et en plus grande quantité. Cela augmenterait donc les risques de prise de poids et d’obésité.  

Même si la prise de poids n’est en général que de quelques kilos, les chercheur·e·s encouragent de nouvelles recherches afin de recueillir des données probantes qui permettront d’améliorer le quotidien des PVVIH.

Et les autres traitements dans tout ça

Parmi les études mises en avant par CATIE il y en a une qui nous vient de Belgique et qui se concentrait sur la prise des poids chez des patient·e·s diabétiques qui ne vivent pas avec le VIH. Cette analyse montre que certains autres médicaments non liés au VIH augmentent la prise de poids tels que les agents antidiabétiques, les traitements pour lutter contre l’hypertension ou encore les médicaments utilisés pour soutenir les personnes ayant des enjeux de santé mentale par exemple. Il est important de faire un tour complet de tous les traitements pris avant de tirer des conclusions sur les effets qu’ils peuvent avoir sur la prise de poids.

D’autres facteurs influencent également la prise de poids tels que la pratique ou non d’une activité physique, la qualité du sommeil, la santé émotionnelle, l’alimentation ou encore la consommation de substances. Un counseling avec un·e nutritionniste spécialisé·e ou un·e thérapeute peut s’avérer efficace afin de gérer les ajustements qui peuvent être nécessaires dans le quotidien des patient·e·s suite à un diagnostic positif au VIH.

Pour toute question à propos du VIH, des ITSS ou encore des traitements, n’hésitez pas à nous contacter au (514) 523-4636 ou par message texte au (514) 400-9301. 

Référence

CATIE. (2020). Traitements actualités (235). https://www.catie.ca/fr/traitementactualites/traitementactualites-235