Hépatite C

Description

Les hépatites sont des inflammations du foie. Elles peuvent être d’origine virale ou toxique.

Le virus de l’hépatite C, le VHC, est un des responsables des infections virales du foie.

Les hépatites non virales peuvent être dues à une ingestion importante de produits toxiques, comme l’alcool, les médicaments, des champignons, par exemple.
L’hépatite C est une Infection Transmissible Sexuellement et par le Sang (ITSS). Elle se transmet par le contact de sang infecté au VHC avec du sang non-infecté. Ces contacts peuvent être :

  • Par voie sexuelle :
    • Lors d’une pénétration non protégée, à risque de saignement (blessure anale ou vaginale, lors des menstruations)
    • Lors de pratiques sexuelles plus intenses, comme le fist-fucking, les jeux amenant des lésions cutanées
    • Lors de l’insertion digitale dans le vagin ou l’anus, ou des rapports brutaux
  • Par voie sanguine :
    • Lors d’une transfusion de sang ou une greffe d’organe qui n’aurait pas été testée pour l’hépatite C, ce qui est systématique depuis les années 90.
    • Lors de la réutilisation de matériel médical à usage unique (ex : aiguille de vaccination), ce qui est rare de nos jours dans les pays développés.
    • Lors de l’utilisation de matériel déjà utilisé pour causer des brèches dans la peau (ex : tatouage, perçage, acupuncture, électrolyse), et par extension, réutiliser l’encre, les pots d’encre, les aiguilles non stérilisées.
    • Lors de l’utilisation de matériel de consommation de drogue par inhalation déjà utilisé et infecté (ex : paille, pipe à crack ou à crystal-meth)
    • Lors de l’utilisation de matériel de consommation de drogue par injection déjà utilisé et infecté (ex : seringue, stéricup, tampon d’alcool, acidifiant, garrot, filtre, eau)
    • Lors du partage de matériel coupant, abrasif ou tranchant (ex : coupe-ongle, rasoir, brosse à dent)
    • Lors de la grossesse ou de l’accouchement, de la mère infectée à l’enfant.
    • Lors d’une morsure au sang, une piqure, une coupure, une plaie cutanée ou de muqueuse en contact avec du sang infecté par le VHC.

La période fenêtre pour pouvoir dépister l’hépatite C est environ de 8 à 9 semaines à compter de l’infection.

Dans 15 à 20 % des cas, l’hépatite C va guérir d’elle-même, et passer inaperçue. 6 mois après l’infection, en l’absence de traitement antiviral, l’hépatite peut devenir chronique, et la guérison spontanée n’est plus possible.

La guérison de l’hépatite C ne crée pas d’immunité, il est donc possible de la contracter à nouveau.

 
Symptômes et complications

Au Canada, environ 250 000 personnes vivent avec l’hépatite C, 50 000 au Québec, et 170 millions dans le monde.

Dans 90% des cas, la personne infectée à l’hépatite C n’aura aucun symptômes, et ce pendant plusieurs années.

Après une période de 1 à 2 semaines pendant laquelle la personne est contagieuse, les dommages au foie continuent de s’aggraver, et les premiers symptômes apparaissent :

  • Fatigue plus ou moins importante et persistante
  • Nausées et fièvres,
  • Fatigue musculaire et articulaire
  • Perte d’appétit, troubles digestifs

Ces symptômes ressemblent à beaucoup de maladies. Ils ne suffisent pas à faire le diagnostic de l’hépatite C, il faut consulter un médecin ou une infirmière rapidement pour se faire dépister.

Dans 80 à 85% des cas d’hépatite C, elle ne guérit pas d’elle-même dans les 6 mois qui suivent l’infection. Elle se transforme alors en infection chronique. Elle est traitable, mais la personne restera porteuse du virus à vie.

Les évolutions possibles sont :

  • Pour 20 à 50 % des porteurs chronique, une cirrhose du foie. Les multiples dégradations des cellules du foie produisent du tissu cicatriciel qui entrave le travail de l’organe.
  • En cas de cirrhose, risque de cancer du foie. La consommation excessive d’alcool est la cause la plus fréquente de cancer du foie, mais les hépatites B et C dans leur forme la plus grave peuvent mener à cette maladie.
  • Très rarement, une hépatite fulminante survient. Il s’agit d’une destruction massive des cellules hépatiques, qui peut s’avérer mortelle. Une greffe d’organe peut être nécessaire.
 
Prévention

Il n’existe aucun vaccin contre le virus de l’hépatite C.

Le VHC se transmet par le sang. Aussi il est nécessaire d’éviter tout contact avec du sang contaminé ou sain.

Pour ce faire, il faut observer des gestes simples tels que :

  • Utiliser systématiquement du matériel neuf ou convenablement stérilisé pour le tatouage, le perçage, l’acupuncture. N’hésitez pas à vérifier avec le professionnel.
  • Utiliser systématiquement du matériel neuf ou convenablement stérilisé pour toute consommation de drogue par inhalation, injection, ainsi que pour les préparations (eau stérile, stéricup, pipe à crack, seringue, garrot)
  • Ne pas partager le matériel entre consommateurs
  • Ne pas partager du matériel de la vie quotidienne avec une personne infectée, ou si l’on est infecté (coupe-ongles, brosse à dent, rasoirs, fil dentaire, etc.)
  • Utiliser du lubrifiant et des gants en latex pour toute pénétration digitale dans le vagin ou l’anus afin d’éviter tout contact avec du sang.
  • Le port du condom masculin ou féminin lors des rapports sexuels avec pénétration limite les contacts avec du sang ou des lésions cutanées qui ne seraient pas directement visibles.

L’hépatite C étant une inflammation du foie, il est fortement conseillé d’éviter l’ingestion d’alcool, de médicaments, de tout produit faisant travailler cet organe. Éviter la nourriture trop riche, trop grasse, qui exigerait du foie une surcharge de travail.

En cas d’infection à l’hépatite C, la vaccination contre les hépatites A et B permet d’éviter des complications par le biais d’une co-infection.

Attention !Il n’y a aucun risque de transmission par simple toucher, le contact avec la sueur, les éternuements, un simple baiser, l’utilisation de vaisselle, s’il n’y a pas de trace de sang.

 
Dépistage et traitement

Le dépistage de l’hépatite C se fait par une prise de sang.

L’analyse de celle-ci permet de détecter les anticorps qu’aurait produit une infection au VHC.

Deux cas de figure sont alors possible :

  • Un résultat négatif indique que le système immunitaire n’a jamais eu à combattre une infection au VHC, et donc à produire des anticorps.
  • Un résultat positif  indique que la personne a été en contact avec le virus de l’hépatite C. Il s’agit alors de confirmer ce résultat, pour déterminer si le virus est toujours présent dans l’organisme, ou si le système immunitaire a guéri l’infection.

La confirmation du résultat positif se fait également par une prise de sang, pour rechercher cette fois-ci la présence du virus de l’hépatite C. Ce test est appelé test PCR, test de charge virale ou test de recherche de l’ARN. Si le résultat est négatif, la personne est guérie de l’hépatite C.

S’il est positif, la personne est porteuse de l’hépatite C.

Attention !Les personnes à haut risque sont invitées à passer un test de dépistage, la maladie pouvant rester silencieuse pendant quelques années.

-          Depuis 2015, il existe des traitements très efficaces (environ 95% de réussite) et très rapide (12 semaines) qui ne contiennent pas d'interféron et n'entrainent pratiquement pas d'effets secondaires.

-          Eligibilité au traitement : Pour le moment, les patients avec un score de fibrose (= état du foie malade) F2, F3 et F4 sont éligibles au traitement. Les patients coinfectés avec le VIH sont éligibles en tout temps. Les patients F1 avec un facteur de   comorbidité (autre maladie du foie) le sont aussi. Il est prévu que les patients F0 soient acceptés en juillet 2018.

-          Les antirétroviraux à action directe vont bloquer la capacité du VHC à se copier et se reproduire.

En cas de complication sévère, une ablation partielle ou complète du foie peut être nécessaire, et exiger alors une transplantation.

La guérison de l’infection à l’hépatite C ne protège pas contre d’autres contaminations. La prévention et le dépistage sont nécessaires pour éviter d’être infecté à nouveau.

 

VIH et VHC

Il est recommandé à toute personne séropositive au VIH de se faire dépister pour l’hépatite C.

En effet, les modes de transmission et d’infection sont très similaires entre le VHC et le VIH, via le sang. On estime qu'un tiers des personnes séropositives au VIH le sont aussi au VHC. Au Canada, c'est 13 000 personnes qui seraient co-infectées.

Le VIH accélère le processus de fibrose du foie (le tissu cicatriciel dégrade la capacité filtrante du foie), et le risque de cirrhose est multiplié entre 2 et 5 fois. Le VIH provoque pour sa part une inflammation virale des organes, ajoutant ainsi à celle provoquée par l'hépatite C.

Le traitement antirétroviral pour traitement l'infection au VIH peut provoquer une intoxication du foie, qui s'ajoute alors à l'hépatite C et ainsi accélère  la détérioration de l'organe. Les effets secondaires peuvent se cumuler, et amener à un arrêt des traitements multi thérapeutiques.

 
Bon à savoir

L’eau de Javel peut supprimer le VHC à la surface des objets, mais pas à l'intérieur d'une aiguille d'injection, par exemple. Le virus peut rester vivant jusqu'à 8 semaines dans une seringue souillée.

L’infection au VHC et le traitement peuvent nécessiter de mettre en place de bonnes conditions de vie pour garantir des effets optimaux. Une alimentation plus équilibrée, pour soulager le foie, une diminution conséquente de la consommation d'alcool et de la cigarette, sont des aspects à ne pas négliger pour favoriser la guérison.

Le traitement contre l'hépatite C nécessite de plus d'être pris à heures régulières, pour ne pas que le virus puisse développer des résistances. Cela engage d'être personnellement prêt pour le traitement, qui ne doit pas systématiquement être commencé dès l'infection.

Il est possible d'aviser anonymement ses partenaires par mail, comme par exemple proposé par le site internet de la Clinique l'Actuel

 
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