Hépatite A/B

 
Description

Les hépatites sont des inflammations du foie, causées par une infection virale ou par une intoxication (abus de médicaments, alcool, produit chimique, etc.). En plus de réagir à l’infection virale, le système immunitaire détruit les cellules du foie pour le protéger.

Les infections par les virus de l’hépatite A (VHA) et de l’hépatite B (VHB) sont des Infections Transmissibles Sexuellement et par le Sang (ITSS).

Les virus des hépatites A et B sont souvent associés, présentant de nombreux points communs sur leur mode de prévention, transmission et guérison.

Il convient cependant de les différencier.

Hépatite A

Hépatite B

Endémique en Asie, Afrique, Amérique centrale et Amérique du Sud, ainsi qu’au Mexique et dans les Caraïbes, l’hépatite A est moins présente dans les pays aux conditions d’hygiènes plus salubres.A titre d’exemple, en 2011 en France, 1.114 cas d’hépatite A ont été détectés.Sa période d’incubation, entre le moment où elle est contractée et les premiers signes d’infection, varie de 30  à 180 jours, une 50aine en moyenne.Dans les pays en voie de développement, 8 à 10% des adultes sont porteurs de l’hépatite B.2 milliards de personnes seraient contaminées à l’hépatite B dans le monde. Parmi eux 450 millions auraient une hépatite chronique.La période d’incubation de l’hépatite B est en moyenne de 60 à 90 jours.
  
Considérée comme la forme d’hépatite la moins grave, le VHA se transmet :

 

Par contact sexuel

  • Lors d’un rapport oral – anal
  • Lors d’un partage de jouet sexuel ayant été introduit dans l’anus
  • Lors de contact oral avec des selles d’une personne contaminée

 

Présent dans les liquides biologiques,  le VHB se transmet :

 

Par les liquides génitaux

  • Lors d’un rapport sexuel non-protégé vaginal ou anal
  • Lors d’un rapport sexuel oral
  • Lors du partage de jouets sexuels sans précaution
  • Par contact d’une muqueuse avec le sperme ou les sécrétions vaginales infectées
  • Par voie orale
  • Par la consommation d’eau, de glaçons ou d’aliments infectés par les matières fécales d’une personne contaminée
  • Par contamination des mains mises à la bouche, via du matériel, des aliments (crudités, fruits de mers contaminés, etc.)
  • Par l’utilisation de matériel contaminé, ou par la consommation de drogue qui aurait été en contact avec des matières fécales

 

  • Par le sang
    • Lors de la grossesse ou à l’accouchement
    • Lors de tatouage ou perçage par du matériel contaminé
    • Lors d’utilisation de matériel de préparation, d’injection ou d’inhalation contaminé et partagé
    • Par contact du sang contaminé avec une plaie, une muqueuse, une morsure ou piqure

L’hépatite A ne se transmet pas par le sang.
  • Par la salive infectée, en cas de morsure entrainant une lésion cutanée

 

Sauf en cas de présence de sang, les larmes, lait maternel, selles, sueur ou urine ne transmettent pas le VHB.

Il n’y a aucun risque de contamination aux hépatites par le simple toucher, se faire la bise, tousser, éternuer, utiliser la même vaisselle, être en contact avec la sueur …

Le virus de l’hépatite B peut rester actif jusqu’à deux semaines sur une surface inerte, dans des conditions normales de température.

 

Symptômes et complications

Comme beaucoup d’ITSS, l’infection aux hépatites ne présentera dans une grande majorité des cas aucun symptôme. Parfois latente pendant des années, l’infection hépatique peut présenter le tableau clinique d’une grippe à son début.

La majorité des hépatites se résorbent d’elles-mêmes, après quelques semaines, si elles durent plus de 6 mois, on parle d’hépatite chronique.

  

Hépatite A

Hépatite B

  
La gravité de l’hépatite A augmente avec l’âge. La durée de l’infection est de 2 à 4 semaines, en moyenne. Durant cette période apparaissent :Dans la majorité des cas, il n’y aura pas de symptômes à l’infection à l’hépatite B.On observe différentes évolutions de l’infection :
  • De la fièvre, des courbatures et maux de tête
  • Une fatigue inhabituelle, durable, que le repos n’atténue pas
  • Perte d'appétit et de poids
  • Jaunissement du blanc des yeux et de la peau
  • selles pâles et urines foncées

 

  • La phase aigue

Asymptomatique dans environ 60% des cas, elle guérit entièrement de l’infection en quelques semaines, et développe une immunité. Sinon les symptômes sont :

  • Jaunisse des yeux et de la peau
  • Fatigue persistante
  • Douleurs articulaires et musculaires
  • Diarrhées, selles pâles, urines foncées
  • Rarement, éruptions cutanées
 
  • La phase chronique

Environ 5 à 10% des personnes infectées au VHB deviendront chroniques après 6 mois d’infection et resteront porteur du virus, asymptomatiques mais contagieux.

On observe peu de complications de l’hépatite A. Cependant, si l’infection dure trop longtemps, elle peut entrainer :Les porteurs chroniques présentent plus de risques de cirrhose, dans 15 à 25% des cas, sur plusieurs années.
  • une hépatite chronique, décrite au-delà de 6 mois d’infection, qui mettra de 1 à 3 ans pour guérir
  • une cirrhose, c'est-à-dire une dégradation importante des cellules du foie due à la cicatrisation. Cela entrave la circulation du sang dans l’organe
  • une hépatite fulminante, si la personne est déjà porteuse d’une autre forme d’hépatite (B ou C). En cas d’insuffisance majeure du foie, une greffe peut être nécessaire.
L’hépatite B, dans moins de 1% des cas, peut se compliquer en une forme fulminante, qui présente des symptômes mortels :

 

  • tâches rouges sur la peau, signe d’hémorragie
  • saignements de nez
  • confusion mentale, coma

 

Attention !

Sans symptômes, il est possible d’être porteur très longtemps d’une hépatite, et donc de contaminer des partenaires sexuels. De plus, l’infection peut se propager et créer des dommages internes tout en passant inaperçue.

 
Prévention

Il est possible de prévenir la contraction des hépatites A et B par des gestes quotidiens et sécuritaires. Une vaccination très efficace est disponible.

L’utilisation du préservatif est recommandée dans toute relation avec pénétration, particulièrement anale. L’utilisation de la digue dentaire est conseillée pour toute relation orale-anale et orale-vaginale.

Des gestes sécuritaires permettent d’éviter de contracter ou transmettre une hépatite :

Hépatite A

Hépatite B

  • Lavage des mains systématique après passage aux toilettes ou pour cuisiner
  • Utilisation d’une eau non-contaminée en cas de consommation de drogue
  • Éviter la consommation d’eau du robinet, de glaçons dans les boissons alcoolisées et d’aliments crus ou lavés à l’eau courante dans des pays en voie de développement
  • Ne pas nettoyer une plaie à l’eau courante dans des pays en voie de développement
  • En cas d’infection, éviter le don d’organe, de sang, de sperme
  • Utiliser un condom pour toute relation sexuelle, particulièrement anale
  • Vaccination
  • Utiliser un condom pour toute relation sexuelle orale, anale, vaginale
  • Vérifier que les tatouages et perçages sont fait avec du matériel stérile, neuf
  • Ne pas partager son matériel de préparation de drogue, consommation de drogue, inhalation, injection
  • Utiliser du matériel de préparation de drogue, consommation, inhalation, injection stérile, neuf
  • Utiliser de l’eau stérile pour la préparation de la drogue à consommer
  • Ne pas partager rasoir, brosse à dent, coupe ongle en cas d’infection
  • Dépistage prénatal pour les femmes enceintes
  • Vaccination

 

Attention !

Il n’est pas possible de contracter une seconde fois l’hépatite A et la B si la personne a été guérie. La personne est immunisée.

Les vaccins contre les hépatites A et B ont des taux d’efficacité proches de 95%. Le mode le plus répandu consiste en une double vaccination pour les hépatites A et B par la même injection.

4 semaines après la première injection, l’immunité est acquise. Elle persiste pour la vie  si les rappels ont  été pratiqués, à 1 mois puis 6 mois après la première injection.

Généralement, le vaccin contre les hépatites est offert gratuitement aux :

  • Enfants de 4ème  année du primaire
  • Hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH)
  • Personnes avec un système immunitaire déprimé (Personnes Vivant avec le VIH, etc.)
  • Personnes qui utilisent des drogues par injection ou inhalation
  • Partenaires sexuels des personnes porteuses d’une hépatite B
  • Contacts familiaux des personnes porteuses d’une hépatite B
  • Personnes porteuses de l’hépatite C
  • Les personnes qui ont contracté une ITSS
  • Les jeunes de la rue
  • Les travailleurs du sexe
  • Les nouveau-nés de mères infectées
  • Les professionnels de la santé qui se blessent avec une aiguille

Dans le cas des personnes porteuses de l’hépatite C ou d’une atteinte au foie (cirrhose, etc.), le vaccin contre l’hépatite B est préconisé également, pour éviter les complications.

Gratuite, durable et avec un taux d’efficacité très élevé, la vaccination est le meilleur moyen de protection contre les hépatites A et B.

Le vaccin de l’hépatite A est dirigé contre le VHA, celui de l’hépatite B contre le VHB exclusivement, mais la vaccination peut contenir les deux souches, ce qui assure la double protection.

Une Prophylaxie Post-exposition existe pour prévenir l’infection au virus de l’hépatite B. En cas d’exposition à du sang, du sperme, de la salive ou des sécrétions vaginales d’une personne infectée, une injection d’immunoglobuline administrée dans un délai inférieur à 7 jours peut éviter la propagation de l’infection. Ce traitement est disponible après consultation d’un médecin, aux urgences par exemple.

 
Dépistage et traitement

 Le dépistage des hépatites est indiqué pour toute personne présentant une vulnérabilité à l’exposition au virus :

  • Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes
  • Les utilisateurs de drogues par injection
  • Les femmes enceintes
  • Les voyageurs qui ont eu des contacts sexuels dans des pays à forte exposition aux hépatites
  • Les personnes ayant des tatouages ou des perçages
  • Les personnes porteuses d’une affection au foie, cirrhose, hépatite chronique
  • Les travailleurs du sexe
  • Les personnes qui ont contracté une ITSS
  • Les personnes qui ont plusieurs partenaires
  • Les jeunes de la rue
  • Les personnes qui ont reçu des transfusions sanguines avant 1990

Il est indiqué de se faire dépister même sans symptômes, le virus pouvant être dormant durant plusieurs années.

Le dépistage des hépatites se fait par prise de sang, l’examen physique étant peu concluant.

Il permet de :

Hépatite A 

Hépatite B

  • Doser les taux d’enzymes du foie, afin de détecter des traces de cirrhose, d’atteinte hépatique
  •  La recherche de deux protéines différentes donnera deux indications :
  1. La présence des anticorps IgM anti-VHA indique une infection active, récente
  2. La présence des antigènes IgG anti-VHA indique que le corps est immunisé contre l’hépatite A, suite à la guérison à une infection.
  • Doser les taux d’enzymes du foie, afin de détecter des traces de cirrhose, d’atteinte hépatique et de destruction du foie
  •  La recherche d’une forte concentration de cellules immunitaires (lymphocytes) permet de définir qu’il s’agit d’une infection virale
  • La présence de l’antigène HBS indique qu’il s’agit du VHB. S’il est disparu, cela indique une guérison
  • La recherche des anticorps permettra de déterminer si l’infection est ancienne ou non.

 

 

Il n’y a pas de traitement spécifique pour l’hépatite A. Le système immunitaire parvient à combattre l’infection, après 4 à 6 semaines. Pour favoriser la guérison, il faut éviter alcool, médicaments et exposition aux sources de l’infection.

L’hépatite B, si elle est peu active, ne justifiera pas particulièrement de traitement. Un suivi médical s’impose cependant, et 90-95 % des cas présenteront une guérison dans les 6 mois.

Dans le cas d’une hépatite B plus agressive, un traitement par interféron ou par antiviraux est possible, qui dans 80% des cas permettront d’arrêter l’évolution de l’infection.

Dans les cas d’hépatites ayant développé des complications (hépatite fulminante, cirrhose, etc.), une greffe de foie peut être nécessaire.

 
VIH et VHAB

La vaccination contre les hépatites A et B est fortement conseillée pour les personnes séropositives au VIH. Les meilleures conditions sont une charge virale indétectable et un niveau de CD4 (cellules du système immunitaire) supérieur à 500/mm3, afin que le corps soit capable de réagir au vaccin et développer une immunité.

La vaccination aux hépatites A et B est conseillée en cas de co-infection déjà existante entre le VIH et l’hépatite B ou C, surtout pour les HARSAH.

Plus de 7 % des patients infectés par le VIH sont porteurs d’une infection chronique au VHB.

Le taux de CD4 au moment de la vaccination influe sur la durée de l’immunité. Un taux supérieur à 350/mm3 assure une bonne réponse immunitaire, mais les personnes séronégatives conservent les anticorps anti-VHA et anti-VHB plus longtemps, et sont donc plus longtemps immunisés.

Les fortes similitudes des modes de transmissions de l’hépatite B et du VIH favorisent les cas de co-infection VIH et VHB.

Les personnes séropositives avec un système immunitaire affaibli sont plus à risque de développer des dégradations du foie. Ils présentent des quantités plus importantes de VHB dans le sang, ce qui les expose plus à développer une hépatite chronique.

Cependant, aucune étude n’a montré d’influence du VHB sur le développement du VIH.

Des interactions médicamenteuses parfois importantes peuvent exister entre la multithérapie en cas de VIH et la prise de traitement contre l’hépatite B. Les molécules du traitement anti-VIH sont de plus en partie traitées par le foie, ce qui entraine une croissance d’activité.

 

Bon à savoir

La consultation d’un nutrionniste pendant une période d’infection ou de traitement à l’hépatite B peut améliorer grandement l’efficacité des thérapies ou le confort quotidien du patient.

Le vaccin contre l’hépatite B peut être administré à l’entourage familial dans les 8 jours suivant les premiers symptômes chez le sujet infecté, réduisant de 13 à 2,8% le risque de contagion.

Il est possible d’aviser anonymement ses partenaires par courriel, comme par exemple proposé par le site internet de la Clinique L’Actuel www.cliniquelactuel.ca ou parlez-en avec l’infirmier du dépistage ou le médecin qui vous a diagnostiqué, ou encore par le Programme d’Intervention préventive auprès des personnes atteintes d'une ITSS et de leurs partenaires sexuels.

 
Liens