Hépatite A & B

Hépatite A et B itss
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DESCRIPTION

Les hépatites sont des inflammations du foie. Elles peuvent être d’origine virale ou toxique. Les hépatites non virales peuvent être dues à une ingestion importante de produits toxiques, comme l’alcool, les médicaments, ou des champignons. Lorsqu’il s’agit d’infection virales, le système immunitaire détruit les cellules du foie pour le protéger.

Les hépatites A et B (VHA et VHB) sont des infections virales du foie. Ce sont des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).

Les virus des hépatites A et B sont souvent associés, puisqu’ils ont de nombreux points communs sur leur mode de prévention, transmission et guérison.

On remarque que le nombre de diagnostic d’hépatite B est en diminution depuis l’arrivée du vaccin. En 2018, ce sont 1 168 cas qui étaient déclarés.

Il existe un vaccin contre l’hépatite A et B. Il est offert gratuitement selon certaines conditions. Pour plus de détail, vous pouvez consulter la section « dépistage et traitement ».

TRANSMISSION

Hépatite A

Considérée comme la forme d’hépatite ayant le moins d’effets néfastes à long terme pour l’organisme, le VHA se transmet :

Par contact sexuel :

– Lors d’un rapport oral–anal.
– Lors du partage de jouets sexuels ayant été introduits dans l’anus.
– Lors de contact oral avec des selles d’une personne vivant avec le VHA.

 

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Par voie orale :

– Par la consommation d’eau, de glaçons ou d’aliments contenant des matières fécales d’une personne vivant avec l’hépatite A.
– Par contamination des mains mises à la bouche, via du matériel, des aliments (crudités, fruits de mers contenant le virus, etc.).
– Par l’utilisation de matériel contenant le virus, ou par la consommation de drogue qui aurait été en contact avec des matières fécales d’une personne vivant avec le VHA.

 

L’hépatite A ne se transmet pas par le sang.

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Il n’y a aucun risque de transmission des hépatites par le simple toucher, se faire la bise, tousser, éternuer, utiliser la même vaisselle, être en contact avec la sueur…

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Hépatite B

Présent dans les liquides biologiques, le VHB se transmet:

Par les liquides génitaux, lors:

– D’une relation sexuelle avec pénétration non-protégée ou sans l’utilisation adéquate d’un condom interne ou externe.
– De relations sexuelle orales (contact de la bouche avec les parties génitales ou l’anus) non-protégée ou sans l’utilisation adéquate d’une digue dentaire.
– Lors du partage de jouets sexuels.
– Par contact d’une muqueuse avec le sperme ou les sécrétions vaginales contenant le VHB.

transmission hépatite b

Par le sang :

– Lors de la grossesse ou à l’accouchement.
– Lors de tatouage ou perçage par du matériel ayant le virus
– Lors d’utilisation de matériel de préparation, d’injection ou d’inhalation ayant le virus et partagé.
– Par contact du sang où l’hépatite est présente avec une plaie, une muqueuse, une morsure ou piqûre.

– Par la salive où le virus se trouve, en cas de morsure entraînant une lésion cutanée.

 

 

transmission hépatite b

Sauf en cas de présence de sang, les larmes, le lait humain, les selles, la sueur ou l’urine ne transmettent pas le VHB.

Le virus de l’hépatite B présent dans le sang séché peut survivre jusqu’à 7 jours sur une surface.

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symptômes

SYMPTÔMES ET COMPLICATIONS

Comme beaucoup d’ITSS, l’infection aux hépatites ne présente aucun symptôme dans la majorité des cas. Parfois silencieux pendant des années, les virus hépatiques, comme bien d’autres virus, peuvent causer des symptômes ressemblant à ceux d’une grippe.

 

La majorité des hépatites se résorbent d’elles-mêmes, après quelques semaines. Si l’hépatite B dure plus de 6 mois, on parle d’hépatite chronique.

Hépatite A

Lorsqu’il y a des symptômes, ceux-ci apparaissent entre 15 à 50 jours. En moyenne, les symptômes apparaissent après 28 jours.

La gravité de l’hépatite A augmente avec l’âge. La durée de l’infection est de 2 à 4 semaines, en moyenne.

Durant cette période apparaissent :

– De la fièvre, des courbatures et des maux de tête.
– Une fatigue inhabituelle, durable, que le repos n’atténue pas.
– Perte d’appétit et de poids.
– Jaunissement du blanc des yeux et de la peau.
– Selles pâles et urines foncées.

On observe peu de complications de l’hépatite A. Cependant, si l’infection dure trop longtemps, elle peut entraîner :

– Une hépatite chronique, décrite au-delà de 6 mois d’infection, qui met 1 à 3 ans à guérir.

– Une cirrhose, c’est-à-dire une dégradation importante des cellules du foie due à la cicatrisation. Cela entrave la circulation du sang dans l’organe.

– Une hépatite fulminante, si la personne est déjà porteuse d’une autre forme d’hépatite (B ou C). En cas d’insuffisance majeure du foie, une greffe peut être nécessaire.

Hépatite B

Dans la majorité des cas, il n’y a pas de symptômes à l’infection à l’hépatite B. Lorsqu’il y a des symptômes, ceux-ci apparaissent entre 1 à 6 mois. La moyenne se situe entre 2 et 3 mois.

On observe différentes évolutions de l’infection :

1. La phase aiguë : sans symptômes dans environ 60% des cas, la personne guérit d’elle-même dans les 6 mois et développe une immunité.

Les symptômes, lorsqu’il y en a, sont :

– Jaunissement des yeux et de la peau.
– Fatigue persistante.
– Douleurs articulaires et musculaires.
– Diarrhées, selles pâles, urines foncées.
– Rarement, éruptions cutanées.

2. La phase chronique : environ 5 à 10% des personnes vivant avec le VHB deviennent des porteur·se·s chroniques après 6 mois d’infection et restent porteur·se·s du virus. L’infection est alors asymptomatique mais le virus peut être transmis.

Les porteur·se·s chroniques présentent plus de risques de cirrhose, observée dans 15 à 25% des cas, sur plusieurs années.

L’hépatite B, dans moins de 1% des cas, peut se compliquer en une forme fulminante, qui présente des symptômes mortels :

– Tâches rouges sur la peau, signe d’hémorragie.           

– Saignements de nez.

– Confusion mentale, coma.

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Sans symptômes, il est possible d’être porteur·se d’une hépatite pendant très longtemps et donc de le transmettre à nos partenaires sexuels. De plus, l’infection peut se propager et créer des dommages internes tout en passant inaperçue.

PRÉVENTION

Il est possible de prévenir la contraction des hépatites A et B par des gestes quotidiens et sécuritaires. Une vaccination très efficace est disponible.

L’utilisation du condom interne ou externe est recommandée dans toute relation avec pénétration, particulièrement anale. L’utilisation de la digue dentaire est conseillée pour toute relation orale-génitale.

 

Des gestes sécuritaires permettent d’éviter de contracter ou transmettre une hépatite :

Hépatite A

– Lavage des mains systématique après un passage aux toilettes ou pour cuisiner.

– Utilisation d’une eau propre en cas de consommation de drogue.

– Éviter la consommation d’eau du robinet, de glaçons dans les boissons alcoolisées et d’aliments crus ou lavés à l’eau courante dans des pays où le virus de l’hépatite A est plus présent.

– Ne pas nettoyer une plaie à l’eau courante dans des pays où le virus de l’hépatite A est plus présent. 

– En cas d’infection, éviter le don d’organe, de sang, de sperme.

– Utiliser un condom pour toute relation sexuelle, particulièrement anale.

– Vaccination.

Hépatite B

– Utiliser un condom interne ou externe pour toute relation sexuelle orale ou génitale.

– Vérifier que les tatouages et perçages sont fait avec du matériel stérile, neuf.

– Ne pas partager son matériel de préparation de drogue, consommation de drogue, inhalation, injection.

– Utiliser du matériel de préparation, consommation, inhalation et d’injection de drogue stérile, neuf.

– Utiliser de l’eau stérile pour la préparation de la drogue.

– Ne pas partager rasoir, brosse à dent, coupe ongle en cas d’infection.

– Dépistage prénatal pour les personnes enceintes.

– Vaccination.

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Attention ! Il n’est pas possible de contracter une seconde fois l’hépatite A et la B si la personne a été guérie. La personne est immunisée. Les vaccins contre les hépatites A et B ont des taux d’efficacité proches de 95%. Le mode le plus répandu consiste en une double vaccination pour les hépatites A et B par la même injection. 4 semaines après la première injection, l’immunité est acquise. Elle persiste pour la vie si les rappels ont été pratiqués, à 1 mois puis 6 mois après la première

Généralement, le vaccin contre les hépatites est offert gratuitement aux :

– Enfants de 4ème année du primaire.
– Hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH).
– Personnes avec un système immunitaire déprimé (PVVIH, etc.).
– Personnes qui utilisent des drogues par injection ou inhalation.
– Partenaires sexuels des personnes porteuses d’une hépatite B.
– Contacts familiaux des personnes porteuses d’une hépatite B.
– Personnes porteuses de l’hépatite C.
– Les personnes qui ont contracté une ITSS.
– Les jeunes de la rue.
– Les travailleur·euse·s du sexe.
– Les bébés né·e·s de parents infectés.
– Les professionnel·le·s de la santé qui se blessent avec une aiguille.

Dans le cas des personnes porteuses de l’hépatite C ou d’une atteinte au foie (cirrhose, etc.), le vaccin contre l’hépatite B est préconisé également, pour éviter les complications. Gratuite, durable et avec un taux d’efficacité très élevé, la vaccination est le meilleur moyen de protection contre les hépatites A et B.

Le vaccin de l’hépatite A est dirigé contre le VHA, celui de l’hépatite B contre le VHB exclusivement, mais la vaccination peut contenir les deux souches, ce qui assure la double protection.

Une Prophylaxie Post-exposition existe pour prévenir l’infection au virus de l’hépatite B. En cas d’exposition à du sang, du sperme, de la salive ou des sécrétions vaginales d’une personne porteuse de ce virus, une injection d’immunoglobuline administrée dans un délai inférieur à 7 jours peut éviter la propagation de ce dernier. Ce traitement est disponible après consultation d’un·e médecin, aux urgences par exemple.

dépistage

DÉPISTAGES ET TRAITEMENTS

Le dépistage des hépatites est indiqué pour toute personne présentant une vulnérabilité à l’exposition au virus :

– Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH).
– Les utilisateurs·trice·s de drogues par injection.
– Les personnes enceintes.
– Les voyageur·se·s qui ont eu des contacts sexuels dans des pays à forte exposition aux hépatites.
– Les personnes ayant des tatouages ou des perçages.
– Les personnes porteuses d’une affection au foie, cirrhose, hépatite chronique.
– Les travailleur·euse·s du sexe.
– Les personnes qui ont contracté une ITSS.
– Les personnes qui ont plusieurs partenaires sexuels.
– Les jeunes de la rue.
– Les personnes qui ont reçu des transfusions sanguines avant 1990.

Il est indiqué de se faire dépister même sans symptômes, le virus pouvant être dormant durant plusieurs années. Le dépistage des hépatites se fait par prise de sang, l’examen physique étant peu concluant.

Il n’y a pas de traitement spécifique pour l’hépatite A. Le système immunitaire parvient à combattre l’infection, cela peut prendre jusqu’à 6 mois. Pour favoriser la guérison, il faut éviter l’alcool, les médicaments et l’exposition aux sources de l’infection.

L’hépatite B, si elle est peu active, ne justifie pas particulièrement de traitement. Un suivi médical s’impose cependant, 90-95% des cas présentent une guérison dans les 6 mois.

Dans le cas d’une hépatite B plus agressive, un traitement par interféron ou par antiviraux est possible, dans 80% des cas, ce traitement permettra d’arrêter l’évolution de l’infection. Dans les cas d’hépatites ayant développé des complications (hépatite fulminante, cirrhose, etc.), une greffe du foie peut être nécessaire.

hépatite A et B et VIH

VIH ET HÉPATITE A&B

La vaccination contre les hépatites A et B est fortement conseillée pour les personnes vivant avec le VIH. Les fortes similitudes des modes de transmissions de l’hépatite B et du VIH favorisent les cas de co-infection VIH et VHB. Les personnes vivant avec le VIH avec un système immunitaire affaibli sont plus à risque de développer des dégradations du foie. Elles présentent des quantités plus importantes de VHB dans le sang, ce qui les expose davantage à développer une hépatite chronique. Cependant, aucune étude n’a montré d’influence du VHB sur le développement du VIH. Des interactions médicamenteuses parfois importantes peuvent exister entre la multithérapie en cas de VIH et d’une prise de traitement contre l’hépatite B. Les molécules du traitement antirétroviral sont de plus en partie traitées par le foie, ce qui entraîne une croissance d’activité.

 

BON À SAVOIR

La consultation d’un·e nutritionniste pendant une période d’infection ou de traitement à l’hépatite B peut améliorer grandement l’efficacité des thérapies ou le confort quotidien du·de la patient·e.

Le vaccin contre l’hépatite B peut être administré à l’entourage familial.

ressources et liens

LIENS & RESSOURCES UTILES

​Vous trouverez ci-dessous une liste de ressources fiables sélectionnées par nos soins, pour vous aider à aller plus loin sur le sujet :

– Où se faire dépister pour les ITSS au Québec ?

Consultez notre carte interactive et mise à jour.

– La page du ministère de la Santé concernant l‘hépatite A&B.

Références

 

  1. CATIE. (2016). L’hépatite A. Récupéré à https://www.catie.ca/fr/feuillets-info/its/hepatite-a

  2. CATIE. (2016). L’hépatite B. Récupéré à https://www.catie.ca/fr/feuillets-info/its/hepatite-b

  3. CATIE. (s.d.). Ce que vous devez savoir sur l’hépatite A. Récupéré à https://www.catie.ca/fr/feuillets-info/its/hepatite-a/messages-cles-hepatite-a

  4. CATIE. (s.d.). Ce que vous devez savoir sur l’hépatite B. Récupéré à https://www.catie.ca/fr/feuillets-info/its/hepatite-b/messages-cles-hepatite-b

  5. Centre d’hygiène et de sécurité au travail. (2017). Hépatite B. Récupéré à https://www.cchst.ca/oshanswers/diseases/hepatitis_b.html

  6. Gouvernement du Canada. (2014). Soins primaires de l’hépatite B – Aide-Mémoire (VHB-AM). Récupéré à https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/rapports-publications/soins-primaires-hepatite-b-aide-memoire.html

  7. Gouvernement du Québec. (2019). Hépatites A, B et C. Récupéré à https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/itss/hepatites-a-b-et-c/

  8. Institut national de santé publique du Québec. (2019). Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec. Repéré à https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/publications/2612_infections_transmissibles_sexuellement_sang.pdf

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