Indétectable, qu’est-ce que ça signifie ?

FAQLe terme « indétectable » est utilisé lorsque la quantité de virus présents dans le sang (la charge virale) est très faible.

Les appareils de laboratoire actuels peuvent détecter le VIH à partir d'un certain seuil (40 ou 50 copies de virus par millilitre de sang, selon le test). En bas de ce seuil, on dit que la charge virale est indétectable.

WebLa mesure de la charge virale est effectuée à l’aide d’une prise de sang. Elle fait partie du suivi régulier d’une personne vivant avec le VIH. L’objectif du traitement antirétroviral est d’atteindre une charge virale indétectable. Cela indique que le VIH est moins actif dans sa réplication. Et ce ralentissement de l’activité du virus permet au système immunitaire de se reconstruire.

Une personne dont la charge virale est indétectable demeure porteuse du VIH ainsi que des anticorps du VIH. Elle est donc toujours séropositive. Le VIH est toujours présent, même si c’est en quantité plus faible, dans le sang et dans certains réservoirs du corps (les ganglions ou les intestins, par exemple).

Charge virale indétectable et transmission du VIH

Plus la quantité de virus dans le sang est importante, plus les risques de transmission du VIH sont élevés. Une charge virale indétectable réduit donc considérablement les risques de transmission.

Selon le Consensus d’experts de l’INSPQ, un traitement antirétroviral efficace qui abaisse la charge virale à un niveau indétectable réduit de manière significative le risque de transmission du VIH. Le risque de transmission lors des relations sexuelles orales, vaginales ou anales non protégées par un condom passe d’un niveau élevé à un niveau négligeable (ou très faible) lorsque toutes les conditions suivantes sont respectées :

  • la charge virale de la personne vivant avec le VIH est indétectable par les trousses de laboratoire actuellement en usage au Québec et est maintenue indétectable pendant au moins six mois, sur deux mesures consécutives, grâce à une thérapie antirétrovirale;
  • la personne vivant avec le VIH adhère aux traitements dans une proportion de 95 % et plus;
  • la personne vivant avec le VIH est en relation stable et exclusive avec son ou sa partenaire;
  • aucun des partenaires ne souffre d’une autre infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS);
  • les deux partenaires sont soumis à un suivi médical intensif (tous les 3 ou 4 mois) comportant une mesure de la charge virale de la PVVIH, un dépistage des ITSS chez chacun des partenaires ainsi qu’un test de dépistage du VIH pour le partenaire séronégatif;
  • les deux partenaires profitent d’un counseling régulier et approprié.

Dans la réalité, il est rare que toutes ces conditions soient réunies. Si l’une de ces conditions n’est pas respectée, le risque pourrait tout de même être considérablement réduit. Mais, selon le Consensus d’experts du l’INSPQ, les données probantes actuellement disponibles ne permettent pas d’estimer ce risque.

Un consensus accueilli avec certaines réserves

Pour plusieurs groupes communautaires et militants, les positions de l'INSPQ sont trop prudentes. Certaines recommandations du consensus d'experts semblent davantage basées sur des jugements moraux que sur les données scientifiques les plus récentes : Arrêtez de paranoïer : sous traitement, on ne transmet pas ! C’est l’INSPQ qui le dit. The Warning, 19 juin 2014

Condom ou charge virale indétectable ?

Selon le consensus d’experts de l’INSPQ, La charge virale indétectable et le condom sont deux stratégies de prévention efficaces présentant d’importantes différences au niveau de leur mode de fonctionnement. Il n’existe actuellement aucun consensus déterminant la supériorité de l’une ou l’autre des deux stratégies.

Que l’on utilise l’une ou l’autre des stratégies un risque négligeable subsiste pour chaque acte sexuel. Ce risque peut augmenter si l’acte sexuel est répété sur une longue période (par exemple, à l’intérieur d’un couple sur une dizaine d’année). Combiner les deux stratégies permet d'éliminer ce risque résiduel. C’est dans cette optique que la Cour suprême du Canada a statué qu’une personne séropositive n’avait pas à divulguer son statut sérologique à un partenaire sexuel si elle avait une charge virale faible et qu’elle utilisait le condom.

Pierre-Yves, coordonnateur diffusion de l’information et soutien éducatif
Portail VIH/sida du Québec
Dernière mise à jour : 21 juillet 2014

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