LGV

 
Description

La lymphogranulomatose vénérienne (LGV) est une infection causée par une bactérie de la famille du Chlamydia trachomatis. La LGV se transmet par contact sexuel :

  • au cours d’une pénétration du pénis dans la bouche, le vagin ou l’anus
  • au cours d’un contact de la bouche avec le pénis, le gland, la vulve, le vagin ou l’anus
  • au cours du partage de jouets sexuels par pénétration orale, vaginale ou anale
  • lors de l’accouchement, de la mère à l’enfant.

Le risque de transmission est plus élevé lors des relations sexuelles par pénétrations anales d’objets, de doigts ou mains, pouvant créer des lésions ou des blessures.

En 2012, la majorité des personnes atteintes étaient  des hommes qui avaient  des relations sexuelles avec d’autres hommes.
La bactérie responsable de l’infection se transmet facilement par contact d’une peau qui présente une lésion infectieuse à une peau saine,  et par l’échange de fluides lors de relation sexuelles.

 
Symptômes et complications

 La durée de l’incubation de la LGV est très variable. Elle va de 2 à 60 jours, et ne présente généralement pas de symptômes.

La LGV évolue en 3 phases :

-La phase primaire

Entre 3 et 30 jours après la transmission, se développe une ulcération (plaie) qui passe souvent inaperçue, et qui est indolore. Elle se situe dans des zones peu visibles, où la bactérie a pénétré dans le corps (bouche, gorge, urètre, vagin, col de l’utérus, rectum, anus).

Ces symptômes disparaissent d’eux-mêmes après quelques jours, mais ne sont pas signes de guérison. La personne infectée reste contagieuse.

-La phase secondaire

Entre 2 à 6 semaines après la transmission vont apparaître les symptômes suivant :

  • Fièvre, frissons
  • Douleurs aux muscles ou aux articulations
  • Brulures à l’urètre avec écoulement ou inflammation du col de l’utérus
  • Ganglions douloureux dans l’aine, le cou
  • Constipation
  • Écoulements avec du sang ou du pus au niveau de l’anus

En cas de complications, il est possible, mais rare, que les ganglions s’ouvrent (si un abcès ou un boubon s’est formé) avec un écoulement de pus.

Chez la femme la phase secondaire est souvent asymptomatique. L’affection des ganglions est parfois détectable en cas de lésions clitoridiennes ou des grandes lèvres.

-La phase tertiaire

En l’absence de traitement, la LGV peut causer des dommages graves. Les symptômes du stade tertiaire sont les suivants :

  • Un rétrécissement ou une perforation du vagin, du rectum ou du colon, causé par une inflammation chronique (Formation d’une fistule)
  • Un gonflement des organes génitaux (pénis, vulve, anus) causé par une obstruction des vaisseaux lymphatiques.

Des écoulements de pus, des inflammations des muqueuses, des saignements peuvent accompagner ces signes graves de complication de la LGV.
Plus rarement, la LGV va causer l’inflammation du foie ou d’une articulation. Ces dommages peuvent être permanents.

Attention !Ces symptômes ne suffisent pas à faire le diagnostic de la LGV, il faut consulter un professionnel de la santé rapidement.

Il est possible de transmettre la LGV malgré l’absence de signes apparents.

 
Prévention

Le condom, le préservatif féminin et la digue dentaire sont les meilleures protections contre l’infection à la LGV lorsqu’ils sont utilisés et changés à chaque pénétration orale, vaginale, anale, pour chaque partenaire lorsqu’il y a lieu.

L’utilisation d’un gant (latex, polyuréthane) lors de l’insertion de doigts ou de mains dans l’anus ou le vagin permet de prévenir l’infection, s’il est changé à chaque nouvelle insertion.

Une digue dentaire est un carré de latex mince utilisé pour prévenir la propagation des Infections Transmissibles Sexuellement et par le Sang (ITSS) durant la pratique du sexe oral. On peut se la procurer dans certains magasins, ou vous pouvez la fabriquer vous-même au moyen d'un condom ou d'un gant en latex. Source : masexualite.ca

Il n’existe aucun vaccin contre la LGV, qui est une infection bactérienne.

 
Dépistage et traitement

Le dépistage systématique de la LGV n’est pas préconisé. Il n’est donc pas effectué lors des consultations de routine de dépistage.

Une prise de sang permet de mettre en évidence l’infection. En cas de présence de symptôme, des prélèvements peuvent être effectués par un médecin à l’anus, dans le rectum, l’urètre ou le col de l’utérus.

Le traitement par antibiotiques permet de faire complètement disparaitre l’infection. La durée du traitement est d’environ 3 semaines. Les personnes séropositives nécessitent un suivi médical spécifique.

Les personnes ayant eu un contact avec un partenaire infecté peuvent gratuitement se faire prescrire le traitement antibiotique, sans attendre l’apparition de symptômes.

Il est nécessaire de se protéger sexuellement pendant toute la durée du traitement, pour éviter la transmission ou une réinfection. S’il est bien suivi, le traitement guérit entièrement l’infection. Cependant il ne répare pas les lésions des phases secondaires et tertiaires.

Lorsqu’il y a lieu, la ponction évacuatrice des bubons peut être un geste thérapeutique indiqué et à répéter afin de limiter la douleur et d'éviter l’aggravation des lésions. En revanche, l'incision chirurgicale est inutile et fortement contre-indiquée.

Un traitement chirurgical réparateur des lésions de la phase tertiaire peut être indiqué lorsqu’elles présentent un risque de surinfection.

 

VIH et LGV

Les lésionsque crée la LGV (ulcération des muqueuses, fissures et lésions rectales, vaginales, plaies buboniques au niveau de la zone clitoridienne, des grandes lèvres, zone de la gorge et de la bouche) exposent fortement à l’infection par le VIH et l’hépatite C.

Les personnes présentant les lésions de la LGV, qui sont autant des portes d’entrée que de sortie, sont plus susceptibles de contracter le VIH lors de rapports non protégés, ou de le transmettre, si elles sont porteuses du virus.

Un diagnostic de LGV nécessite fréquemment un dépistage du VIH, à confirmer 3 mois plus tard si négatif.

 
Bon à savoir

Il n’y a pas d’immunisation du système suite à une LGV. Il est donc possible d’être infecté à nouveau.

La LGV est surtout présente en Afrique, en Amérique du sud, dans les Caraïbes et en Asie.

Les personnes pratiquant le BDSM sont plus exposées à l’infection à la LGV, via l’utilisation de jouets sexuels et les pratiques comme le fist-fucking.

Il est important lorsqu’on est porteur d’une infection telle la LGV d’en informer le plus vite possible ses partenaires, afin qu’ils puissent se traiter, se faire dépister et réduire la transmission de l’infection à d’autres.

Il est possible d’aviser anonymement ses partenaires par courriel, comme par exemple proposé par le site internet de la Clinique L’Actuel www.cliniquelactuel.ca ou parlez-en avec l’infirmier du dépistage ou le médecin qui vous a diagnostiqué, ou encore par le Programme d’Intervention préventive auprès des personnes atteintes d'une ITSS et de leurs partenaires sexuels.

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