Description 

La syphilis est une infection d’origine bactérienne causée par  Treponema pallidum.

La syphilis se transmet :

  • Par voie sexuelle
    • Lors d’une pénétration du pénis dans le vagin ou l’anus
    • Lors du contact de la bouche avec le pénis, la vulve, le vagin ou l’anus
    • Lors du partage de jouets sexuels
  • Par contact avec le sang
    • En cas de lésion, par le contact de la peau infectée avec la peau saine
    • Rarement,  lors du partage de matériel d’injection, d’inhalation ou de préparation de drogue
    • Lors de la grossesse, et lors de l’accouchement, de la mère à l’enfant

Avec la découverte des antibiotiques, la syphilis a été quasiment éradiquée en 1945. On observe une recrudescence de la maladie depuis 1997. Au Canada, en 2006, environ 1500 cas ont été signalés, et les hommes de 25 à 39 ans sont les premiers concernés.

 
Symptômes et complications

La syphilis peut évoluer différemment sur une longue période. Cette évolution se fait par phases, avec symptômes et latence.

Suite à l’infection, la multiplication de la bactérie dans l’organisme est rapide. Son évolution et l’apparition de symptômes varient selon qu’il y ait traitement ou non.

En l’absence de traitement post-exposition, en moyenne 3 semaines après l’infection peuvent apparaitre les premiers symptômes, qui évoluent en 3 phases distinctes :

  • La phase primaire

Un bouton rouge apparaît à la surface de la peau où le microbe a pénétré dans l’organisme). Il présente une forte concentration de la bactérie tréponème, responsable de l’infection. Il forme un  chancre, un petit ulcère superficiel et indolore, qui fait environ 1 cm de diamètre et passe très souvent inaperçu.

  • Chez l’homme, il se situe dans la région du gland, au niveau du frein, sur le pénis, dans la gorge, les amygdales, à l’anus
  • Chez la femme, il se situe principalement au niveau de la vulve, plus rarement dans le vagin ou au col de l’utérus.

Les symptômes de la phase primaire disparaissent d’eux-mêmes après 1 ou 2 mois, même en l’absence de traitement. Cela n’est toutefois pas le signe d’une guérison, la personne infectée reste contagieuse.

  • La phase secondaire

En l’absence de diagnostic et de traitement, le tréponème du chancre poursuit son évolution et se répand dans l’organisme. On observe alors les symptômes suivant :

  • Une fatigue importante, de la fièvre, des maux de tête
  • Des douleurs musculaires et aux articulations
  • Une perte de cheveux, partant de la région derrière les oreilles
  • Une apparition de rougeurs sur les muqueuses et la peau
  • Des ganglions enflammés et douloureux
  • Une inflammation de l’œil

Les symptômes de la phase secondaire peuvent se résorber d’eux-mêmes, mais ce n’est pas un signe de guérison, la personne infectée reste contagieuse.

De même, ils ne suffisent pas à faire le diagnostic d’une infection à la syphilis, seul un dépistage peut confirmer l’infection.

Dans la deuxième année qui suit l’infection, après la phase secondaire, s’installe une phase de latence, qui peut durer jusqu’à 30 ans, pendant laquelle il n’y a aucune manifestation de la maladie et la personne n’est plus contagieuse dès la troisième année.

  • La phase tertiaire

La forme la plus lourde de l’infection ne touche que de 15 à 30% des personnes qui ne sont ni diagnostiquées ni traitées.

A la phase tertiaire se développent :

  • Des troubles cardio-vasculaires ou articulaires
  • Des troubles neurologiques (Accident vasculo-cérébrales, méningites, migraines importantes, modification de la personnalité, surdité, démence, etc.)
  • Des naissances prématurées, des avortements spontanés
  • Une destruction des tissus des organes internes

Pendant la phase tertiaire, la personne infectée n’est plus contagieuse.

La phase tertiaire est devenue plus rare dans les pays développés, de par la prévention qui incite au dépistage régulier et le suivi médical poussé qui conduit à plus de personnes traitées.

 
Prévention

 Il n’existe aucun vaccin contre la syphilis, qui est une infection bactérienne.

La meilleure prévention consiste donc à limiter la circulation et la transmission de la bactérie responsable de l’infection, le tréponème.

Le condom, le préservatif féminin et la digue dentaire sont les meilleures protections contre  la syphilis lorsqu’ils sont utilisés et changés à chaque pénétration orale, vaginale, anale, pour chaque partenaire lorsqu’il y a lieu.

Lors de l’utilisation de matériel de préparation, d’inhalation ou d’injection pour consommer des drogues, il est important d’utiliser du matériel stérile, non-utilisé.

L’aspect asymptomatique de la syphilis et les longues périodes de latence ou d’incubation incitent à prévenir la contamination en passant régulièrement les tests de dépistage et en prévenant ses partenaires.

 
Dépistage et traitements

 Le dépistage de la syphilis est conseillé particulièrement  pour :

  • les personnes originaires d’une région où la proportion par habitants (prévalence) de l’infection est élevée.
  • les personne ayant voyagé dans une région où la prévalence de l’infection est élevée ou ayant des partenaires sexuels provenant d’une telle région
  • les personnes faisant du travail du sexe ainsi que leurs clients
  • les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes
  • les femmes enceintes
  • les personnes ayant été en contact sexuel avec une personne porteuse de l’infection

Le dépistage de la syphilis se fait par prise de sang, la confirmation du résultat se fait par le prélèvement par un médecin des zones infectées.

La syphilis en phase primaire, secondaire ou latente se soigne efficacement par simple injection d’antibiotiques, généralement la pénicilline. En cas d’allergie, d’autres molécules sont disponibles par voie orale.

Attention !Les personnes ayant eu un contact avec un partenaire infecté peuvent gratuitement se faire prescrire le traitement antibiotique, sans attendre l’apparition de symptômes.

Il est nécessaire de se protéger sexuellement pendant toute la durée du traitement (pendant 7 jours pour le traitement par injection), pour éviter la transmission ou une réinfection. S’il est bien suivi, le traitement guérit efficacement l’infection. Cependant il ne répare pas les lésions des phases secondaires et tertiaires.

 
VIH et Syphilis

 Les lésions de la peau, aux organes génitaux, créées par le  chancre  dans la phase de la syphilis primaire, accompagnées d’une inflammation, offrent au VIH une porte d’entrée dans l’organisme.

Les personnes vivant avec le VIH et co-infectés avec la syphilis sont jusqu’à 5 fois plus susceptibles de transmettre le virus, la charge virale du VIH augmentant fortement dans les liquides anaux et génitaux.

De même, les personnes vivant avec le VIH et immunodéprimées, sont plus susceptibles de développer les stades secondaires et tertiaires de l’infection à la syphilis. L’intensité des symptômes sera accentuée et ils peuvent apparaître plus rapidement. .

Il est possible (quoique rare) qu’un second traitement antibiotique leur soit nécessaire, selon l’évolution de leur sérologie.

La présence du virus du VIH dans l’organisme peut amener un faux résultat positif au dépistage de la syphilis, en réaction à l’infection. Il conviendra de confirmer par un test plus spécifique.

 
Bon à savoir

 Il n’y a pas d’immunisation du système suite à une Syphilis. Il est donc possible d’être infecté à nouveau.

La longueur de l’incubation et des délais entre les phases nécessitent de prévenir largement les partenaires sexuels au moins 3-6 mois avant le diagnostic, selon le stade de l’infection.

Contrairement à nombre d’agent bactérien, il n’a pas encore été découvert de résistance de la souche syphilique au traitement antibiotique.

Il est possible d’aviser anonymement ses partenaires par courriel, comme par exemple proposé par le site internet de la Clinique L’Actuel www.cliniquelactuel.ca ou parlez-en avec l’infirmier du dépistage ou le médecin qui vous a diagnostiqué, ou encore par le Programme d’Intervention préventive auprès des personnes atteintes d'une ITSS et de leurs partenaires sexuels.

 
Liens

 

Olark