Syphilis

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DESCRIPTION

La syphilis est une infection d’origine bactérienne causée par Treponema pallidum. La bactérie qui cause la syphilis peut infecter les parties génitales, la gorge ou l’anus – plus rarement, d’autres parties du corps.

Avec la découverte des antibiotiques, la syphilis a été presque éradiquée en 1945. Depuis 2010, le taux d’incidence de cette ITSS est plus élevé que celui de 1984, alors qu’on pensait que cette ITSS était en voie de disparition en 1998, où seulement 3 cas ont été déclarés au Québec.

On remarque une hausse importante d’infection à la syphilis. En 2018, ce sont 938 diagnostics qui ont été faits.

Il n’existe aucun vaccin pour cette ITSS et il est possible de contracter cette bactérie plusieurs fois.

 

TRANSMISSION

Il est possible de contracter la syphilis :

Par voie sexuelle, lors:

– D’une relation sexuelle avec pénétration non-protégée ou sans l’utilisation adéquate d’un condom interne ou externe.

– De relations sexuelles orales (contact de la bouche avec les parties génitales ou l’anus) non-protégées ou sans l’utilisation adéquate d’une digue dentaire.

– Lors du partage de jouets sexuels.

Par contact avec le sang:

– En cas de lésion, par le contact de la peau où la syphilis est présente et d’une peau saine.

– Rarement, lors du partage de matériel d’injection, d’inhalation ou de préparation de substances récréatives.

– Lors de la grossesse et lors de l’accouchement, du parent à l’enfant.

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symptômes

SYMPTÔMES ET COMPLICATIONS

La syphilis, lorsqu’elle n’est pas traitée, se développe en différents stades. Cette évolution s’échelonne sur une longue période.

Peu de temps après la transmission de la syphilis, la bactérie va se multiplier rapidement dans l’organisme. Son évolution et l’apparition de symptômes varient selon la présence de traitement ou non.

En l’absence de traitement, les premiers symptômes peuvent apparaître en moyenne 3 semaines après la transmission.  La syphilis évolue en 3 phases distinctes :

La phase primaire

– Un bouton rouge apparaît à la surface de la peau où la bactérie a pénétré dans l’organisme. Il présente une forte concentration de la bactérie tréponème. Elle forme un chancre, un petit ulcère superficiel et indolore, d’environ 1 cm de diamètre et qui passe très souvent inaperçu.

– Chez les personnes ayant un pénis, il se situe dans la région du gland, au niveau du frein, sur le pénis, dans la gorge, les amygdales, à l’anus.

– Chez les personnes ayant un vagin, il se situe principalement au niveau de la vulve, plus rarement dans le vagin ou au col de l’utérus.

Les symptômes de la phase primaire disparaissent d’eux-mêmes après 1 ou 2 mois, même en l’absence de traitement. Cela n’est toutefois pas le signe d’une guérison, la personne porteuse de la syphilis peut encore la transmettre.

La phase secondaire

En l’absence de diagnostic et de traitement, la bactérie présente dans le chancre poursuit son évolution et se répand dans l’organisme. On observe alors les symptômes suivants :

– Une fatigue importante, de la fièvre, des maux de tête.

– Des douleurs musculaires et aux articulations.

– Une perte de cheveux, partant de la région derrière les oreilles.

– Des éruptions cutanées diffuses ou des rougeurs sur les muqueuses et la peau. Elles peuvent toucher la paume des mains et la plante des pieds.

– Des ganglions enflammés et douloureux.

– Une inflammation de l’œil.

Les symptômes de la phase secondaire peuvent se résorber d’eux-mêmes, mais ce n’est pas un signe de guérison, la personne porteuse de la syphilis peut encore la transmettre. De même, ils ne suffisent pas à faire le diagnostic d’une infection à la syphilis, seul un dépistage peut confirmer la présence de cette ITSS.

Dans la deuxième année qui suit la transmission, après la phase secondaire, s’installe une phase de latence, qui peut durer jusqu’à 30 ans, pendant laquelle il n’y a aucune manifestation de la bactérie et la personne ne peut plus transmettre la syphilis dès la troisième année.

La phase tertiaire

Il s’agit de la phase ayant le plus d’effets indésirables à long terme pour l’organisme. Elle touche environ 15 à 30% des personnes qui ne sont ni diagnostiquées ni traitées. Lors de la phase tertiaire se développent :

– Des troubles cardio-vasculaires ou articulaires.

– Des troubles neurologiques (accident vasculo-cérébrales, méningites, migraines importantes, modification de la personnalité, surdité, différents enjeux de santé mentale, etc.)

– Des naissances prématurées, des avortements spontanés.

– Une destruction des tissus des organes internes.

Pendant la phase tertiaire, la personne porteuse de la syphilis ne peut plus transmettre. La phase tertiaire est devenue plus rare dans les pays occidentaux, de par la prévention qui incite au dépistage régulier et le suivi médical poussé qui permet de traiter plus de personnes.

PRÉVENTION

Il n’existe aucun vaccin contre la syphilis, qui est une infection bactérienne.

La meilleure prévention consiste donc à limiter la circulation et la transmission de la bactérie responsable de l’infection, le tréponème. Le condom interne ou externe et la digue dentaire sont les meilleures protections contre la syphilis lorsqu’ils sont utilisés et changés à chaque pénétration orale, vaginale, anale, pour chaque partenaire lorsqu’il y a lieu.

Lors de l’utilisation de matériel de préparation, d’inhalation ou d’injection pour consommer des substances récréatives, il est important d’utiliser du matériel stérile, non-utilisé.

L’aspect asymptomatique de la syphilis et les longues périodes de latence ou d’incubation incitent à prévenir la contamination en passant régulièrement les tests de dépistage et en prévenant ses partenaires.

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dépistage

DÉPISTAGES ET TRAITEMENTS

La période fenêtre pour pouvoir dépister une infection à la syphilis est de 3 mois.

Le dépistage de la syphilis est conseillé particulièrement pour :

– Les personnes originaires d’une région où la proportion par habitants (prévalence) de syphilis est élevée.

– Les personnes ayant voyagé dans une région où la prévalence de syphilis est élevée ou ayant des partenaires sexuels provenant d’une telle région.

– Les personnes faisant du travail du sexe ainsi que leurs client·e·s.

– Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH).

– Les personnes enceintes.

– Les personnes ayant été en contact sexuel avec une personne porteuse de la syphilis.

La période fenêtre pour pouvoir dépister une infection à la syphilis est de minimum 48h, la période optimale étant de 7 jours.

 

Le dépistage de la syphilis se fait par prise de sang, la confirmation du résultat se fait par le prélèvement par un médecin des zones où la bactérie se trouve. La syphilis en phase primaire, secondaire ou latente se soigne efficacement par simple injection d’antibiotiques, généralement la pénicilline. En cas d’allergie, d’autres molécules sont disponibles par voie orale.

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Attention ! Les personnes ayant eu un contact avec un·e partenaire portant cette bactérie peuvent se faire prescrire le traitement antibiotique gratuitement, sans attendre l’apparition de symptômes. Il est nécessaire de se protéger lors des rapports sexuels pendant toute la durée du traitement (pendant 7 jours pour le traitement par injection), pour éviter la transmission ou une réinfection. S’il est bien suivi, le traitement est efficace et guérit complètement l’infection. Cependant il ne répare pas les lésions des phases secondaires et tertiaires.

vih et itss

VIH ET SYPHILIS

Les lésions de la peau, aux organes génitaux, créées par le chancre dans la phase de la syphilis primaire, accompagnées d’une inflammation, offrent au VIH une porte d’entrée dans l’organisme.

Les personnes vivant avec le VIH et co-infectés avec la syphilis sont plus susceptibles de transmettre le virus, la charge virale du VIH augmentant fortement dans les liquides anaux et génitaux. De même, les personnes vivant avec le VIH et qui ont un système immunitaire affaibli, sont plus susceptibles de développer les stades secondaires et tertiaires de l’infection à la syphilis. L’intensité des symptômes sera accentuée et ils peuvent apparaître plus rapidement.

Il est possible (quoique rare) qu’un second traitement antibiotique soit nécessaire, selon l’évolution de leur sérologie. La présence du virus du VIH dans l’organisme peut amener un faux résultat positif au dépistage de la syphilis, en réaction à l’infection. Il conviendra de confirmer par un test plus spécifique.

BON À SAVOIR

Il n’y a pas d’immunisation du système suite à une syphilis. Il est donc possible d’être infecté·e à nouveau. La longueur de l’incubation et des délais entre les phases nécessitent de prévenir largement les partenaires sexuels au moins 3-6 mois avant le diagnostic, selon le stade de l’infection. Contrairement à beaucoup d’agents bactériens, il n’a pas encore été découvert de résistance de la souche syphilitique au traitement antibiotique.

Il est important, lorsqu’on est porteur·euse d’une infection à la syphilis, d’en informer le plus vite possible ses partenaires des trois à six derniers mois afin qu’iels puissent se faire traiter préventivement, se faire dépister et réduire la transmission de l’infection à d’autres. Vous pouvez remplir notre formulaire en ligne pour que nous notifiions vos partenaires par message texte.

ressources et liens

LIENS & RESSOURCES UTILES

Vous trouverez ci-dessous une liste de ressources fiables sélectionnées par nos soins, pour vous aider à aller plus loin sur le sujet :

– Où se faire dépister pour les ITSS au Québec ?

Consultez notre carte interactive et mise à jour.

– Que faire après un diagnostic d’ITSS ?

Télécharger la brochure : Entre caresses et baisers une ITSS s’est faufilée : Il faut en parler

– Diagnostic de chlamydia, de gonorrhée, de syphilis ou de l’infection par le VIH :

Télécharger le Feuillet de notification du MSSS

– La page du Ministère de la Santé concernant la Syphilis.

Références

 

  1. CATIE. (s.d.). Ce que vous devez savoir sur la syphilis. Repéré à https://www.catie.ca/fr/feuillets-info/infections/syphilis/messages-cles-syphilis

  2. Gouvernement du Canada. (2018). Section 5-10 : Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement – Prise en charge et traitement d’infections spécifiques – Syphilis. Repéré à https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies-infectieuses/sante-sexuelle-infections-transmissibles-sexuellement/lignes-directrices-canadiennes/infections-transmissibles-sexuellement/lignes-directrices-canadiennes-infections-transmissibles-sexuellement-27.html

  3. Gouvernement du Canada. (2019). Lignes directrices canadiennes sur les infections transmissibles sexuellement : résumé des recommandations pour les infections à Chlamydia trachomatis (CT), à Neisseria gonorrhoeae (NG) et la syphilis. Repéré à https://www.canada.ca/content/dam/phac-aspc/documents/services/publications/diseases-conditions/sti/64-02-18-2248-STI-Recommendations-Tip-Sheet-FR-Final.pdf

  4. Gouvernement du Québec. (2017). Syphilis. Repéré à https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/itss/syphilis/

  5. Institut national de santé publique du Québec. (2019). Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec. Repéré à https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/publications/2612_infections_transmissibles_sexuellement_sang.pdf

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