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Les traitements du VIH

Les traitements contre le VIH, souvent appelé traitements antirétroviraux ou ARV, sont des médicaments qui permettent de bloquer la réplication du virus et ainsi diminuer la charge virale. Les traitements permettent aussi de renforcer le système immunitaire de la personne qui vit avec le VIH et empêche que la phase SIDA se développe.

Quand le traitement diminue la charge virale et la personne devient indétectable le traitement permet aussi d’empêcher la transmission du virus. C’est ce qu’on connait comme I=I (Indétectable = Intransmissible).

Les avantages de prendre le traitement sont très nombreux, mais ils permettent surtout de vivre en santé et avoir une espérance de vie semblable aux personnes séronégatives.

Quand commencer le traitement ?

Actuellement, les données probantes recommandent de commencer le traitement le plus tôt possible après le diagnostic. Ainsi :

– Le VIH a moins de temps d’endommager le système immunitaire.
– Les symptômes liés à la primo-infection disparaissent.
– La personne devient indétectable plus rapidement, ce qui améliore sa santé et évite la transmission du virus.

Dès que la personne se sent prête et volontaire pour commencer le traitement : c’est le moment !

Avant de commencer le traitement le médecin et les professionnels de la santé évalueront avec la personne quel est le meilleur traitement pour elle. Pour cela ils passeront souvent des tests de résistance pour être certain que le traitement choisi soit efficace et des tests d’hypersensibilité pour éviter des réactions allergiques aux médicaments. Finalement, il faudra aussi vérifier avec le pharmacien qu’il y a aucune interaction médicamenteuse avec d’autres médicaments ou des produits naturels. Et ce, aussi lorsqu’on commence n’importe quel autre médicament.

Comment choisir le traitement ?

Au Québec, nous avons la chance d’avoir accès à une bonne variété de traitements antirétroviraux. Le médecin et le pharmacien proposeront le traitement qu’ils considèrent le plus indiqué après avoir fait les analyses de résistance et hypersensibilité. Toutefois, le patient peut toujours avoir une voix pour choisir le traitement qui lui convient le plus en lien avec son style de vie.

Voici quelques questions à se poser pour choisir le traitement qui nous convient le mieux :

– Quel est le meilleur moment de la journée pour prendre le traitement (matin, soir…) ?

– Est-ce que je peux être certain.e de pouvoir le prendre en mangeant à tous les jours ?

– Est-ce que la grosseur ou la texture des pilules me conviennent ?

– Est-ce que cela me dérange, de prendre plus d’une pilule par jour ou à plusieurs moments ?

– Est-ce que je souhaite avoir un enfant dans les prochains mois ?

Une fois les traitement choisis, il est essentiel de maintenir une bonne observance : prendre le traitement à tous les jours et à la même heure. Ainsi, la concentration du médicament dans le sang, là ou il agit contre le virus, est toujours la même et son efficacité est à son maximum.

stratégies d'observances

Résistances

Il peut arriver que le VIH ne réponde plus à certains médicaments parce que le virus a appris à les éviter. Les résistances se développent quand il y a une mauvaise prise du traitement : il n’est pas pris tous les jours, par exemple.

À ce moment-là, le virus a le temps de « mieux comprendre » comment le médicament fonctionne et change sa forme, il mute, pour l’éviter. Lorsqu’une souche du VIH devient résistante à un traitement celui-ci n’a plus d’effets et il faut le changer. On parle de virus multirésistant quand le virus est résistant à plusieurs médicaments. Les souches multirésistantes sont plus difficiles à traiter, car les options de traitements sont très réduites. Les résistances peuvent aussi être présentes directement à la transmission.

Comment fonctionnent les traitements antiretroviraux ?

LES 5 DIFFÉRENTES FAMILLES DE MÉDICAMENTS :

Inhibiteurs nucléosidiques/nucléotidiques de la transcriptase inverse

INTI

Inhibiteurs nucléosidiques/nucléotidiques de la transcriptase inverse

« Les scientifiques d’expérience »

Ex. Abacavir, Ténéfovir DF et AF, Emtricitabine, Lamivudine, etc.

Inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse

INNTI

Inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse

« Le grain de sable dans la machine »

Ex. Rilpivirine, Éfavirenz, Doravirine, etc.

Inhibiteurs de la protéase

IP

Inhibiteurs de la protéase

« Les hommes forts »

Ex. Dorunavir, Ritonavir, etc.

Inhibiteurs de l’intégrase

INI (II)

Inhibiteurs de l’intégrase

« Les superhéros »

Ex. Dolutégravir, Raltégravir, Elvitégravir, Cabotégravir, Bictégravir

pénétration du vih dans une cellule lymphocyte t
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Inhibiteur CCR5

Inhibiteur CCR5

Inhibiteur de l’entrée

« Le doormen »

Ex. Maraviroc

comment les antirétroviraux bloquent l'action du vih
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L’indétectabilité et le traitement

Un des bénéfices de prendre le traitement contre le VIH est que la personne devient indétectable : il est impossible de détecter le virus dans son sang. On dit alors que la charge virale est indétectable, car les appareils de mesure n’arrivent pas à détecter le virus dans le sang de la personne. Le virus ne disparaît pas complètement du corps, mais il se cache très bien dans des réservoirs. Les réservoirs sont des tissus.

Idétectable = Intransmissible

Une personne qui prend son traitement et devient indétectable ne peut pas transmettre le VIH à ses partenaires par voie sexuelle.

Dans la majorité des cas, une personne devient indétectable après 24 semaines de prise du traitement. Si après 48 semaines la personne est encore détectable, les médecins vont parler d’échec thérapeutique. L’échec thérapeutique peut être dû à des résistances du virus, une mauvaise observance ou d’autre raisons.

Comment rester indétectable ?

maintenir une cv indétectable

Quelques personnes ne peuvent pas rester indétectables. Les raisons varient d’une personne à l’autre : difficulté à prendre les traitements, échecs thérapeutiques, résistances…

Quand cela arrive, les médecins et les pharmaciens feront de leur mieux pour que la santé de la personne ne se voit pas affectée.

Qu’est-ce un blip ?

Un blip est une augmentation temporaire de la charge virale. Même quand les personnes sont indétectables et prennent leur traitement comme indiqué, il se peut que lors d’un test de suivi, une légère augmentation de la charge virale apparaisse. On ne sait pas exactement pourquoi cela arrive, mais ce n’est pas une raison de s’inquiéter. Le blip disparaît souvent en question de quelques jours et n’affecte pas la santé de la personne.

Que faire si le médicament ne me convient plus, j’ai des difficultés à le prendre ou je crois qu’il est en train de me produire des effets secondaires ? Parlez-en à votre pharmacien ou à votre médecin !

Effets indésirables

Lorsque les premiers traitements sont apparus sur le marché, ils avaient beaucoup d’effets indésirables. Les personnes qui ont pris des ARV entre les années 80 et le début des années 2000 se souviennent encore des nausées, maux de tête et des problèmes gastro-intestinaux que les ARV causaient.

La lipodystrophie était aussi une grande problématique, car cela affectait l’apparence physique de la personne et affectait son bien-être. De nos jours, les ARV modernes causent beaucoup moins d’effets indésirables. Toutefois, certaines personnes en ont toujours.

Il y a deux types d’effets indésirables (aussi appelés effets secondaires): ceux qui sont à court terme et ceux qui sont à long terme.

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IMPORTANT: les effets secondaires n’affectent pas tout le monde. Certaines personnes n’en auront jamais, d’autres auront plus de difficulté à s’adapter au traitement à cause des effets indésirables.

À court terme

Disparaissent en quelques semaines après avoir débuté le traitement, dès que le corps s’est habitué :

– Maux de tête.
– Problèmes digestifs.
– Fatigue et manque d’énergie.
– Réactions cutanées : petits boutons, zones rougeâtres.
– Étourdissements  .                    – Troubles du sommeil : insomnie, rêves bizarres.

À long terme

Bien qu’ils soient moins communs qu’auparavant (ex: lipodystrophie), certaines personnes peuvent encore avoir des effets indésirables à long terme :

– Troubles cognitifs.
– Troubles cardiovasculaires.
– Prise de poids.
– Dépression.

Une question à se poser concernant les troubles observés : Est-ce les ARV ou…

– Le VIH ?
– Un autre problème de santé ?
– Le mode de vie ?
– La génétique ?
– Le vieillissement ?

​Comment les ARV sont éliminés du corps humain ?

Une fois que le corps a utilisé le médicament, il élimine le restant. On pourrait imaginer le corps comme une usine de traitement. Les ARV peuvent être éliminés par :

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Les reins

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Le foie

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Il s’agit d’un point à considérer dans le choix d’un traitement.

Le switch ou l’allégement thérapeutique, c’est quoi?

Certaines personnes souhaitent changer de traitement quelques temps après : soit parce que leur mode de vie a changé, parce que des nouveaux traitements sont apparus dans le marché depuis ou parce qu’ils éprouvent trop d’effets indésirables qu’ils pourraient éviter avec d’autres traitements.

Une simplification du traitement, ou allègement thérapeutique, est le fait de changer de traitement pour réduire le nombre de prises ou de pilules. Un changement de traitement, ou un switch, est le fait de changer un traitement pour un autre. Ceci doit toujours être fait sous la supervision des professionnels de la santé.

Les arrêts de traitement.

À une époque, il était fréquent pour les personnes vivant avec le VIH de faire des arrêts de traitements temporaires. Ces derniers ne sont plus recommandés sauf sous le conseil d’un médecin.

Perspectives d'avenir

Les traitements contre le VIH ont beaucoup évolués en seulement quelques années et la recherche ne cesse pas d’avancer.

Voici quelques avancés qui sont prévues dans les prochaines années :

traitement vih

BITHÉRAPIES

Les molécules développées dans les dernières années permettent de créer des bithérapies : des traitements qui utilisent deux médicaments au lieu de trois. Les avantages ? Moins de toxicité pour le corps et un coût moins élevé. Quelques thérapies se retrouvent déjà dans le marché et d’autres suivront dans les prochaines années.

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INJECTIONS

En ce moment, les compagnies pharmaceutiques travaillent sur des traitements injectables. Les injections se feront aux 4 ou 8 semaines et ainsi, la personne n’aura plus à prendre le traitement tous les jours.

Guérison du VIH ?

Les traitements actuels contrôlent le VIH et ils réussissent presque à l’éliminer dans le sang mais ne le guérit pas. Trouver une cure qui guérirait le VIH est très compliqué parce que le VIH est un virus très intelligent qui change souvent de forme et se cache très bien dans le corps humain. Il se cache surtout dans des réservoirs comme des ganglions ou des organes qui ont des tissus que les ARV ne peuvent pas pénétrer. Le futur des ARV est donc de réussir à pénétrer dans ces réservoirs pour éliminer les virus.