Infection par le
Virus de l’Immunodéficience Humaine

Description

Le virus de l’immunodéficience humaine, le VIH, est responsable du syndrome de l'immunodéficience acquise, le sida.

Une personne est séropositive lorsqu’elle répond positivement aux tests visant à détecter la présence d’anticorps produits par le système immunitaire suite à une infection virale.

En 2008, 2600 nouveaux cas de séropositivité au VIH ont été signalés au Canada.

Plus de 34  millions de personnes dans le monde sont séropositives.

La transmission du VIH est possible lorsqu’il y a une porte de sortie du virus (saignement, éjaculation, production de liquide pré-éjaculatoire, allaitement, utilisation de matériel d’injection),  une porte d’entrée du virus dans un organisme non porteur (plaie ouverte, lésion de la peau, muqueuse buccale, anale, vaginale, injection, ingestion, tatouage, perçage), et un porteur (messager) du virus entre ces deux portes (liquide biologique comme le sperme, le liquide pré-éjaculatoire, les sécrétions vaginales, anales, le lait maternel, le sang).

Attention !Il ne se transmet pas via les gestes de la vie courante, tels se serrer la main, un éternuement, se faire la bise, partager un repas, les toilettes ou boire dans le même verre.

 

Symptômes et complications

 L’évolution de l’infection au VIH se décline en 4 phases :

La primo-infection

C’est la période suivant l’entrée du virus dans le corps, où il se multiplie rapidement et les risques de transmission sont plus élevés. Cette première phase peut s’accompagner de symptômes qui ressemblent à ceux de la grippe comme de la fièvre, des maux de gorge, des douleurs musculaires, de la fatigue, un gonflement des ganglions lymphatiques et des éruptions cutanées. Ces symptômes qui disparaissent après quelques semaines ne se manifestent pas chez toutes les personnes infectées. La primo-infection passe parfois inaperçue.

Attention !Ces symptômes peuvent être communs, et ne permettent pas de diagnostiquer à eux seuls une infection au VIH. Seul un test de dépistage peut amener ce diagnostic.

C’est durant cette période que le système immunitaire produit des anticorps pour se défendre contre le virus, on parle de alors de séroconversion. L’infection VIH est une exception, les anticorps ne protègent pas.

La phase asymptomatique

Durant cette période, il n’y a aucune manifestation du virus mais celui-ci reste actif et continue de se répliquer et d’infecter d’autres cellules immunitaires. En l’absence de traitement, cette phase sans symptôme peut durer plus de 10 ans pour certains alors que pour d’autres, elle dure moins longtemps. Il faut se rappeler que même durant cette période où le virus ne provoque aucun symptôme, celui-ci est toujours présent dans l’organisme et peut être transmis à d’autres personnes.

La phase symptomatique

Cette phase est caractérisée par l’apparition de symptômes persistants dus à l’affaiblissement du système immunitaire. La personne peut commencer à présenter des symptômes d’infection comme de la fatigue chronique, des sueurs nocturnes, de la fièvre, de la diarrhée ou une perte de poids importante.

Si le système immunitaire continue à s’affaiblir, le corps éprouvera une plus grande difficulté à se défendre contre les infections.

Si aucun traitement antirétroviral n’est entrepris, le taux des lymphocytes CD4 chute, la charge virale augmente et des symptômes liés à la phase sida ou des infections opportunistes peuvent apparaître.

Le sida

L’apparition d’infections opportunistes causées par des bactéries, des virus ou des champignons ou encore l’apparition de certains types de cancers désigne la phase sida.

Les infections spécifiques au VIH profitent d’un système immunitaire affaibli et certaines sont potentiellement mortelles si aucun traitement antirétroviral n’est amorcé. Elles se présentent rarement chez une personne dont le système immunitaire est intact.

Voici quelques exemples d’infections opportunistes :

La Pneumonie à Pneumocystis Jiroveci, anciennement connu sous le nom de Pneumocystis Carinii, la Toxoplasmose, le Cytomégalovirus, le Sarcome de Kaposi, etc.

Attention !Une personne peut donc être porteuse du VIH et ne pas avoir le sida, on dit qu’elle est séropositive pour le VIH.

 

Dépistage et traitement

La période fenêtre est la durée entre le moment de l’infection et le moment où le dépistage de l’infection pourrait rendre un résultat positif ou négatif fiable. Pour le VIH, la période fenêtre est d’environ 3 mois.

Le test de dépistage consiste à détecter la séropositivité, c'est-à-dire rechercher la présence des anticorps anti-VIH dans le sang ou la présence du virus lui-même. Il existe plusieurs types de tests de dépistages :

  • Le test de recherche des anticorps. (test standard)

C’est le plus couramment utilisé. Nommé test ELISA, il est fiable à plus de 99% si la recherche des anticorps anti-VIH se fait au moins 3 mois après la possible exposition du virus. Un test standard durant la période fenêtre peut donner des résultats partiellement fiables, qu’il faudra confirmer 3 mois après l’exposition. Le résultat est disponible en moyenne 2 à 3 semaines après le test.

  • Le test rapide de recherche des anticorps.

Le résultat de ce test est obtenu dans les minutes qui suivent le prélèvement d’une goutte de sang au bout du doigt. S’il est effectué plus de 3 mois après l’exposition, il est fiable à 99.8%. Tout résultat positif serait confirmé par un test standard du même échantillon de sang.

  • Le test de dépistage du virus (P-24) peut se faire précocement (moins de 3 mois).

D’une grande sensibilité, il détecte la présence de l’antigène P-24, marqueur du VIH associé à une infection récente. Ce test très couteux peut être effectué quelques semaines après l’exposition à risque, mais devra être confirmé dans les 3 mois qui suivront l’exposition probable.

On évalue que 20 à 30 % des Canadiens infectés par le VIH ignorent l’être.

Le premier traitement antirétroviral, l’AZT, a été découvert dans les années 60 pour traiter le cancer et est prescrit contre le VIH en 1987. La trithérapie, une combinaison de trois molécules antirétrovirales, est disponible depuis 1996.

Les traitements actuels, s’ils ne guérissent pas  l’infection par le VIH, sont très efficaces pour :

  • Supprimer la charge virale plasmatique de façon durable, c’est-à-dire réduire la présence du virus dans le sang jusqu’à ce qu’il ne soit plus détectable selon les tests disponibles sur la plus longue période de temps possible
  • Reconstruire le système immunitaire pour diminuer le risque de développer des maladies opportunistes, soit le sida
  • Prolonger la survie de la personne porteuse du VIH, et améliorer sa qualité de vie
  • Prévenir la transmission du VIH, par la diminution de sa charge virale. On parle de charge virale indétectable.

L’efficacité du traitement est fortement conditionnée à l’observance stricte dans la prise des médicaments, à heure fixe. En effet, l’interruption ou des délais rallongés diminuent la quantité de médicament dans le sang, et des résistances peuvent commencer à se développer très rapidement.

Les effets secondaires (indésirables) touchent environ 10% des patients qui suivent le traitement anti-VIH. On distingue les effets à court terme et ceux à long terme. Leurs symptômes varient dans le temps, selon le type de médication choisi, selon les habitudes de la personne, et selon des conditions extérieures (stress, anxiété, modifications profondes du mode de vie, etc).

 

Prévention

Il n’y a aucun vaccin contre le VIH.

D’une manière générale, il faut éviter tout contact avec le sang ou des liquides biologiques qui contiennent des copies du virus (sperme, liquide pré-éjaculatoire, lait maternel, sécrétions vaginales ou anales) avec des plaies, des muqueuses (bouche, anus, vagin, prépuce, gland).

Le condom masculin est la protection la plus répandue contre la transmission du VIH.

Son efficacité est optimale :

  • s’il est utilisé en combinaison avec du lubrifiant à base d’eau,
  • s’il est changé à chaque pénétration ou chaque changement de partenaire,
  • s’il n’a pas été abimé lors du déballage, ou si la date d’expiration n’est pas dépassée.

Le condom féminin est très efficace s’il est installé selon les modes d’utilisation fournis.

La digue dentaire diminue le risque de transmission lors de relations orales (bouche-vulve et bouche-anus). La digue dentaire est un carré de latex qui couvre la vulve ou l’anus pour éviter le contact direct avec la bouche.

La prévention est très importante dans la réduction des risques de transmission du VIH.

Le dépistage des ITSS et leur traitement réduisent  la vulnérabilité à la contraction du virus. Il peut être pertinent de s’intéresser aux prises de risques sexuels, pour évaluer son risque d’exposition au VIH. Cela peut faciliter l’utilisation de matériel de protection pendant les relations sexuelles.

Avec l’efficacité des traitements de l’infection au VIH, le risque de transmission a fortement diminué. En effet, plus la concentration du virus est élevée dans les liquides biologiques d’un individu séropositif, plus les chances de transmission augmentent.

C’est pourquoi la prise d’antirétroviraux, qui réduit la charge virale, diminue la possibilité de transmettre le VIH. Toutefois, dans certaines situations, même si la charge virale est indétectable dans le sang, elle peut être plus élevée dans les sécrétions sexuelles.

Lorsqu’une personne est exposée au sang ou à des liquides organiques potentiellement infectés par le VIH, la prise immédiate de médicaments antirétroviraux dans les 72 heures après l’exposition, pendant une période de 28 jours, peut empêcher la séroconversion. Cette pratique se nomme la prophylaxie post-exposition (PPE). Elle est disponible aux urgences de l’hôpital ou dans les cliniques spécialisées.

 

VIH et ITSS

Une  ITSS (Infection Transmissible Sexuellement et par le Sang), comme la gonorrhée, l’infection à chlamydia et la syphilis, peut faire augmenter localement la concentration du VIH dans les sécrétions sexuelles d’une personne séropositive, ce qui la rend plus susceptible de transmettre le virus.

De plus, lorsqu’une personne séronégative souffre d’une ITSS, elle est plus susceptible de contracter le VIH puisque, entre autres, les lésions/irritations provoquées par l’ITS rendent plus perméables les muqueuses génitales.

Certaines ITSS peuvent faciliter la reproduction du VIH, comme l’herpès ou la gonorrhée. Les protéines qu’elles produisent soutiennent la réplication du virus, et la charge virale dans les liquides biologiques augmente, sans augmenter dans le sang.

Le dépistage des autres ITSS doit donc pouvoir se poursuivre même après une infection au VIH. Une ITSS non traitée peut se compliquer plus rapidement et être plus difficile à traiter pour une personne séropositive.

Attention !Le traitement du VIH doit être pris à tous les jours, de façon régulière, sans interruption et pour toujours.

 

Liens

 

Ressources

Ligne d’Info-droit VIH/sida (Service de la COCQ-sida) :
Région de Montréal : 514 844 2477 poste 34
Ligne sans frais : 1 866 535 0481 poste 34

 

Olark