Virus du Papilloma Humain
Condylomes génitaux

Description

Le Virus du Papilloma Humain (VPH) existe sous plus de 150 souches différentes. Seul une quarantaine est responsable des condylomes génitaux (verrues génitales), qui est une Infection Transmissible Sexuellement et par le Sang (ITSS). Il s’agit de l’ITSS la plus répandue.

Les condylomes génitaux se transmettent facilement, notamment :

  • Lors de rapports sexuels avec contact entre le pénis et le vagin ou l’anus
  • Lors de contacts intimes entre une peau saine et une zone de peau infectée
  • Lors d’une relation sexuelle orale (bouche avec pénis, vulve, anus)
  • Lors du partage d’objets sexuels
  • Lors de l’accouchement, de la mère à l’enfant.

Même si c’est une ITSS, le VPH ne se transmet pas au contact du sang.

Les jeunes de 14 à 24 ans sont particulièrement touchés par cette infection qui se transmet surtout dans la première année d’activité sexuelle.

Après la période d’incubation du virus, qui varie de 1 à 8 mois, parfois beaucoup plus, peuvent apparaître des symptômes.

 
Symptômes et complications

Comme beaucoup d’ITSS, l’infection au Virus du Papilloma Humain ne présentera dans une grande majorité des cas aucun symptôme. Toutefois, dans le cas de transmission par relation sexuelle, les symptômes les plus courants sont les condylomes génitaux.

Les condylomes se retrouvent :

  • Chez la femme
    • Sur la vulve
    • Sur le col de l’utérus
    • Dans l’urètre
    • Autour de l’anus
    • Sur le périnée
    • Dans la bouche
    • Plus rarement sur les cuisses
  • Chez l’homme
    • Dans l’urètre
    • Sur le pénis, le frein ou le scrotum
    • Sur le périnée
    • Autour de l’anus
    • Dans la bouche
    • Plus rarement sur les cuisses

 

Des signes extérieurs peuvent indiquer la présence de condylomes et nécessiter un examen plus approfondi, comme des saignements lors des rapports sexuels, des démangeaisons ou de l’inconfort dans la région des parties génitales.

Parfois minuscules et donc invisibles à l’œil nu, les verrues génitales peuvent avoir la texture du chou-fleur, être légèrement surélevées, avec une coloration comme la peau, ou rose, blanche ou grise. Leur taille peut évoluer.

Sans traitement, ces symptômes peuvent disparaitre d’eux-mêmes dans 80% des cas après 1 ou 2 ans. Cependant cela ne veut pas dire que l’infection a disparu.

Les verrues génitales restent souvent au stade bénin de l’infection. Toutefois des complications peuvent subvenir.

Les complications par les condylomes apparaissent :

  • Lors de la défécation, difficulté à évacuer les selles
  • Obstruction des voies génitales chez les femmes enceintes
  • Lésions à la bouche et à la gorge
  • Risque de complications graves chez le nouveau-né.

 

Certains types du virus VPH évoluent vers des formes précancéreuses de cellules, qui peuvent provoquer des cancers du pénis, de la vulve ou de l’anus. Invisibles à l’œil nu, ces lésions par le VPH sont les causes les plus fréquentes de l’apparition de cellules dites anormales. La forme la plus grave est le cancer, mais moins de 10% évolueront à ce stade.

L’infection au VPH de l’enfant suite à l’accouchement peut former des condylomes dans la gorge dans les mois suivant la naissance.

Chez les Canadiennes âgées de 20 ans à 44 ans, le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer en importance. Cependant les gestes de prévention aujourd’hui réduisent de 60 à 70% les risques d’évoluer à une phase cancéreuse.

 
Prévention

La prévention est destinée à éviter l’apparition des condylomes et des cellules précancéreuses, en influant soit sur les risques de transmission du virus, soit sur l’évolution de l’infection.

L’utilisation du condom limite la possibilité de transmettre le VPH. Toutefois, l’infection peut se transmettre de peau à peau par toutes les parties non couvertes par le condom (anus, périnée, vulve, cuisses, scrotum).

L’utilisation de la digue dentaire est recommandée pour les rapports oraux-génitaux. Une digue dentaire est un carré de latex mince utilisé pour prévenir la propagation des Infections Transmissibles Sexuellement et par le Sang (ITSS) durant la pratique du sexe oral. On peut se la procurer dans certains magasins, ou vous pouvez la fabriquer vous-même au moyen d'un condom ou d'un gant en latex. Source : masexualite.ca

Le VPH est très contagieux par le contact d’une peau saine avec des condylomes.

Prévenir ses partenaires passés lorsqu’on se fait diagnostiquer une infection au VPH est une bonne façon de contenir la transmission du virus à d’autres personnes.

Le vaccin préventif contre les cellules précancéreuses est maintenant couramment et gratuitement proposé aux filles âgées de 9 à 18 ans, dans le cadre scolaire, et aux femmes de 18 à 26 ans, particulièrement à celles qui ont un système immunitaire affaibli. Depuis le 1er janvier 2016, au Québec, les HARSAH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes) cisgenres et transgenres âgés de 26 ans ou moins peuvent se faire aussi vacciner gratuitement contre le VPH.

Le vaccin protège très efficacement contre les verrues génitales et les cellules précancéreuse lorsqu’il est administré à une personne n’ayant jamais été infectée par le VPH. En cas d’infection antérieure, il limite l’évolution du virus et prévient les complications.

L’efficacité optimale du vaccin est observée pour une période allant jusqu’à plus de 6  ans, chez les femmes n’ayant jamais eu d’activité sexuelle.

Chez la femme, le test de Pap (frottis, cytologie) est un examen effectué par un médecin ou un infirmier spécialisé. Ce test conseillé tous les 3 ans cherche à prévenir l’apparition de cellules précancéreuses ou cancéreuses par des prélèvements au niveau du col de l’utérus.

Chez l’homme, l’examen génital complet vise à détecter la présence de condylomes  dans l’urètre, l’anus, dans toute la zone génitale.

La vaccination n’agit que contre quelques souches de VPH, et pas contre d’autres ITSS. Indirectement, elle limite le risque de contracter une infection à une autre ITSS, dont le VIH.

 
Dépistage et traitement

Le dépistage systématique du VPH n’est pas préconisé. L’apparition de verrues génitales amène à faire diagnostiquer par un médecin les symptômes, par un examen clinique.

Les condylomes non-traités disparaitront d’eux-mêmes dans les 18 mois après leur apparition dans 80% des cas. La personne peut  cependant rester infectée.

Il est possible de traiter les symptômes du VPH, et non le virus lui-même. Ils peuvent donc réapparaitre après le traitement.

Pour prévenir les complications, il est possible de traiter les verrues, par des crèmes, produits chimiques, brûlure par le froid (cryothérapie) ou au laser. Cela peut limiter la transmission du virus, rassurer sur les plans esthétique et psychologique.

 

VIH et Papillovirus

Les infections par verrues stimulent le système immunitaire, causent alors de l’inflammation qui attire des cellules immunitaire vers la surface des tissus, et donnent alors plus d’infections potentielles.

La vaccination contre le VPH prévient ainsi une infection au VIH qui serait causée par ce biais.

La prise de multithérapie antirétrovirale n’a pas d’effet préventif connu sur le développement du cancer du col de l’utérus chez les femmes vivant avec le VIH. Néanmoins une charge virale élevée peut augmenter les symptômes, comme des verrues plus grosses, plus nombreuses et plus répandues.

Le cancer du col de l’utérus chez les femmes séropositives est moins répandu dans les pays à niveau de vie élevé de par les suivis gynécologiques poussés et les tests Pap.

Les HARSAH séropositifs sont jusqu’à 60 fois plus susceptibles de développer un cancer de l’anus que les hommes séronégatifs non HARSAH.

La multithérapie, la diminution du sida, donc l’augmentation de l’espérance de vie des personnes atteintes, donnent plus de temps au cancer de l’anus de se développer. Pour ces mêmes raisons, les personnes atteintes du VIH montrent une reprise plus forte d’une activité sexuelle et donc d’une exposition à l’infection au VPH.

Une immunité progressive peut s’observer dans le temps, dans le cas d’infection précoce.

Attention !On estime que 70% de la population canadienne est concernée par l’infection au VPH, mais que 20 à 40% seulement des gens continueront à être porteurs du virus actif.

 
Bon à savoir

Les condylomes peuvent avoir des impacts directs sur l’activité sexuelle, sur l’intimité du couple.

La présence de verrues génitales chez un partenaire stable sain n’est pas le signe d’infidélité, le virus peut se trouver à l’état latent pendant une longue période avant l’apparition de symptômes.

Il est important lorsqu’on est porteur d’une infection virale au VPH d’en informer le plus vite possible ses partenaires, afin qu’ils puissent se traiter, se faire dépister et réduire la transmission de l’infection à d’autres.

Il est possible d’aviser anonymement ses partenaires par mail, comme par exemple proposé par le site internet de la Clinique L’Actuel.

 
Liens

 

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